Mama, be cool

woman and baby sun

Il paraît qu’il existe un monde merveilleux dans lequel les mamans sont parfaitement heureuses et arrivent à voir du positif partout, en toutes circonstances. Dans ce monde, rien ne peut ébranler le bonheur ultime de l’enfantement. Les mères n’y manquent jamais de sommeil et vivent la maternité comme une balade à la plage.

Tu en doutes ? Prends exemple sur ces mères épanouies qui pullulent dans les parcs au petit jour avec leur tenue sport dernier cri. Tu sais qu’elles ne suent pas lors de leur cours de cardio-poussette? L’effort est un mythe. Ne sont-elles pas magnifiques et libérées? Elles ont le privilège de pouvoir boire joyeusement le thé entre copines lors de la sieste d’après-midi et d’avoir retrouvé leur taille d’adolescente dans les six mois passé l’accouchement.

Ces amazones des temps modernes sont épaulées par des conjoints capables de faire face à toutes les situations grâce à leur calme viril et leur sens inné pour la pédagogie. Indéfectibles compagnons de toutes les heures, ils et elles avancent ensemble dans la vie comme en amour, dans une symbiose inimitable.

Dans ce monde fabuleux, les enfants ne se réveillent jamais trop tôt, sont de belle humeur et ne ronchonnent jamais à l’idée de devoir prendre l’autobus scolaire.  Les poubelles à couches y sentent le bonbon et les petits bébés ne régurgitent jamais.

Oui madame! Le paradis existe et il est à ta porte, dans ta maison et bien avant la fin de tes jours. Enfin, c’est ce qu’on dit.

Paraît qu’il suffit d’y croire pour s’y retrouver. Pourquoi cette femme parfaite ne serait-elle pas toi ? Pourquoi te priver de ce privilège d’être pleinement heureuse de ton quotidien si riche depuis ton auto-multiplication? Te plaindre serait criminel.Ta situation est un privilège, tes enfants un don.

… Pourquoi?…

Peut-être parce que tout ce que je viens d’écrire sonne faux. Peut-être parce que la vraie vie, ce n’est pas toujours un compte Instagram ou un fil Facebook.

Des fois, c’est vraiment le bordel pis t’as le droit d’avoir ton voyage. Comme cette fois où ton petit a fait une crise monumentale de bacon en plein magasin, te forçant à quitter sans préavis sous les regards pleins de jugements de ceux qui ne comprennent pas pourquoi tu n’arrives pas à reprendre le contrôle. Si ça ne t’a pas énervée un brin, soit tu es une sainte et je te vénère, soit tu es la mère de Caillou et je ne t’envie pas une miette.

Personnellement, j’en ai un peu marre de l’internet Bling Bling qui  me propose des images trop parfaites. Ça me fait du bien de lire un texte qui raconte le trop-plein de la vraie vie, mais en plus drôle. Ça me déculpabilise et ça me fait sourire si bien que même seule devant mon écran, j’ai l’impression qu’on est un peu toutes ensembles, les «mères ordinaires».

La route est belle, oui, mais elle sait aussi m’en faire voir de toutes les couleurs. Il m’arrive de voir rouge ou même de rire jaune. Dans ces moments-là, j’essaie de ne pas devenir verte de jalousie ou carrément bleue devant la perfection qu’on essaie de m’imposer à coups d’images trop léchées et de conseils à deux balles.

Allons bon. Cessons là de broyer du noir. Après tout, la vie est un arc-en-ciel dans lequel j’aime plonger même si je ne suis pas une licorne. Seulement, il faut que je puisse reprendre mon souffle de temps en temps. C’est à ça que me servent les vignettes satiriques et les articles qui se paient un peu ma tête. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux.

J’ai pris mon parti. Choisis ton camp camarade.

Anne-Claude Foucault
ANNE-CLAUDE FOUCAULT

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