À toi, la maman qui souffre

depressed woman

Aujourd’hui, je veux te parler à toi, la maman qui souffre. À toi, la femme qui passe par un bout difficile. À toi, qui ne vois plus la lumière au bout du tunnel et qui se demandes : « pourquoi moi? »

Je ne prétends aucunement avoir de réponse pour toi. Je sais que je ne possède pas non plus la solution magique à ta douleur dans mon répertoire. Mais je veux que tu saches que tu n’es pas seule. Je suis là. Nous sommes là, nous les autres mères, nous les autres femmes. Même si nous te paraissons souvent bien silencieuses.

À toi, la maman qui vient de perdre le petit être qui grandissait en elle, qui a l’impression que son propre corps lui a volé cet enfant qu’elle désirait tant et qui se demande : « pourquoi moi? » Je veux que tu saches que ta douleur est réelle, même si tu n’as jamais tenu cet enfant dans tes bras. Tu l’as tenu sur ton cœur, et cela vaut beaucoup plus que toutes les berceuses du monde. Même si tu as parfois la sensation que personne ne comprend ta tristesse, sache que nous sommes plusieurs comme toi à la vivre discrètement, par peur de déranger.

À toi, la femme qui a récemment vu son couple éclater sous ses yeux, qui a vu son rêve de famille parfaite et d’amour éternel s’envoler en poussière et qui se demande : « pourquoi moi? » Je veux que tu saches que la vie nous fait parfois faire des détours inattendus. Que notre bonheur se cache parfois dans des endroits insoupçonnés. Laisse-toi du temps. Libère-toi de cette culpabilité. Ouvre-toi vers l’avenir. Les nuages se dissiperont, tranquillement. Je te promets que ta famille sera toujours parfaite, à sa façon. Et qu’un nouvel amour t’attend dans le prochain tournant.

À toi, la maman qui vit présentement au chevet de son enfant malade, qui se sent impuissante devant la souffrance de son petit, qui se questionne sur ce qu’elle a bien pu faire pour mériter ça et qui se demande : « pourquoi moi? » Je veux que tu saches que tu n’as rien à voir avec tout ça. Que la maladie frappe sans discrimination. Et que non, ni toi ni ton enfant d’amour ne méritiez cette douleur. Ces nuits blanches. Cette attente des résultats et de la guérison. Tu es une maman formidable, résiliente, courageuse. Mais surtout, aux yeux de ton enfant, tu es simplement la meilleure maman du monde. Et nous, les autres mamans qui n’avons pas passé par le chemin qui se dessine sous tes pieds, nous croyons ton enfant. Nous t’admirons. Vraiment.

À toi, la femme qui n’arrive pas à devenir mère, qui sent que son désir le plus cher ne se concrétisera peut-être jamais, qui  sent que son cœur est sur le point d’exploser tellement ça lui fait mal et qui se demande : « pourquoi moi? » Je veux que tu saches que plusieurs enfants qui courent autour  de toi se sont aussi fait attendre. Que tu ne dois pas perdre espoir. Que la vie trouvera un moyen de distribuer tout cet amour que tu as à donner. L’amour grandira peut-être un jour dans ton ventre; il est peut-être aussi en train de grandir dans le ventre d’une autre ou dans un pays lointain. L’amour trouvera son chemin jusqu’à toi. Même si pour l’instant, il te semble bien sinueux, ce chemin.

À toi, la mère qui vient de dire adieu à sa maman ou à son papa, qui n’était pas prête à se passer de leur présence rassurante si tôt dans sa vie et qui se demande : « pourquoi moi? » Je veux que tu saches que tu as le droit de pleurer. D’être enragée. D’en vouloir à la vie de t’avoir arraché un être si cher à ton cœur. Laisse sortir ta peine, ta colère. Bientôt, tu souriras en pensant à tous ces beaux souvenirs qu’ils t’ont laissés avant de te quitter. En attendant, retourne-toi; il y a derrière toi quelqu’un prêt à te serrer dans ses bras.

À toi, la femme qui se sent au bout du rouleau, qui a l’impression que sa vie s’écroule sous ses pieds, que la dépression ou le burn out frappe de plein fouet et qui se demande : « pourquoi moi? » Je veux que tu saches que tu n’es pas faible. Quoi que tu en penses, tu es une femme forte, une mère exemplaire. Tu as simplement besoin de réapprendre à connaître tes limites, à prendre un temps d’arrêt. Cet arrêt n’est pas un échec; il est plutôt un nouveau point de départ. Et sache que demander de l’aide demande un grand courage. Et du courage, j’en vois plein tes yeux.

Ma belle maman, toi qui souffres aujourd’hui, sache que demain sera meilleur.

Je te le promets.

Audrey Roy
AUDREY ROY

2 thoughts on “À toi, la maman qui souffre

  1. Sophie Répondre

    Merci xxx

  2. Ariane Répondre

    Vraiment très beau ce message…mais tu as oublié la maman qui vit dans une relation qui l’étouffe et se demande si elle doit rester pour les enfants ou partir…

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