Et si un jour je te perdais

son hug mother

Mon garçon,

Depuis que je suis toute petite, je sais que la mort est une chose triste, mais naturelle. J’ai vécu des deuils à plusieurs reprises et malgré combien difficile a été de traverser ces épreuves, je suis toujours parvenue à retomber sur mes deux pieds et à continuer de vivre ma vie. De même que lorsqu’un ami vivait un deuil ou lorsque TVA nouvelles annonçait une mort tragique, je ressentais un léger pincement de tristesse pour eux, mais sans plus.

Et puis, tu es arrivé dans ma vie. Toi, ma raison de vivre. Au moment de ta naissance, c’est comme si ta petite vie et la mienne s’étaient reliées par un fil indestructible. Comme si tes respirations allaient au même rythme que les miennes et que les battements de ton cœur faisaient battre le mien. Et j’ai compris. J’ai compris que je ne verrai plus jamais le deuil de la même façon. Maintenant, plus une journée ne passe sans que je ne ressente cette peur de te perdre. Plus une nouvelle ne me laisse indifférente, surtout celles d’un enfant parti trop tôt. Celles où je sympathise au plus haut point avec ces parents dévastés par la douleur de leur perte. Maintenant, je suis terrorisée.

La vérité mon amour, c’est que j’ai peur de te perdre. J’ai peur qu’un matin sans le savoir, dans la routine trop accélérée de la vie, je t’embrasse pour la dernière fois. J’ai peur qu’un simple voyage aller–retour à l’épicerie se termine abruptement parce qu’un conducteur aura quitter la route des yeux quelques secondes de trop. J’ai peur que quelqu’un de mal intentionné réussisse à t’appâter avec des histoires de petits chiens perdus. J’ai peur que dans un élan impulsif, tu t’élances pour la dernière fois derrière ton ballon parce qu’il aura roulé au beau milieu de la rue. J’ai peur de savoir que tu souffres et que tu ne seras plus jamais avec moi.

La vérité mon amour, c’est que j’admire la force des parents qui réussissent à se relever suite à la perte de leur enfant. Parce que de mon côté, je ne sais pas comment, sans toi, mon cœur pourrait continuer de battre. Parce que je ne sais pas comment, sans toi, chacune de mes respirations serait efficace. Parce que je ne sais pas comment, sans toi, ma vie aurait un sens. La vérité mon amour, c’est que je ne sais pas comment je pourrais, si un jour je te perdais, retomber sur mes deux pieds et continuer de vivre ma vie sans toi.

Catherine Vignola
CATHERINE VIGNOLA

3 thoughts on “Et si un jour je te perdais

  1. Carmen Répondre

    Bonjour je ne sais pas qui tu es mais une amie m’a envoyer ton texte ……j’ai eu peur toute ma vie que quelque chose arrive à mes fils. Tu sais la visite ou le téléphone d’un policier qui t’annonce que ton enfant est décédé !!!!!!! Je l’ai vécu , j’ai perdu mon fils l’an passé dans un accident …….je peu te dire que malgré ce que tu écris tu ne peu même pas imaginer la douleur de perdre un enfant . Une partie de ton cœur meurt avec lui. Mais on survie c’est ce qu’il voudrait , on apprend à vivre SANS LUI. La manufacture a larmes ne s’arrête jamais mais plus le temps avance moins elle en fabrique sauf quelques fois où il y a débordement . Je ne souhaite cela a personne.

  2. Guylène Répondre

    On survi… on reapprend à vivre. Vivre avec cette perte, la plus dure et la plus douloureuse, celle qui nous arrache une partie de nous. Cette blessure qui cicatrise lentement, maiS ne guérit jamais vraiment. On y pense tout les jours, quelques fois avec le sourire en repensant à tous les merveilleux moments partager et d’autre fois les larmes aux yeux en ce dissant que la vie est tellement injuste. Mais oui… on Survi

  3. Huguette Répondre

    oui, on survit à la perte d enfants( moi, c est 2 enfants)on réapprend à vivre avec le temps et les années.
    On ne les oubli jamais. Un deuil difficile et long à faire.
    merci pour le texte…..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *