Je t’envie, mon bébé

little boy playing outside sunset

Alors que tu tentes par tous les moyens de devenir grand, avide de petites, de grandes aventures et de liberté, je t’envie, mon bébé.

J’envie le regard que tu portes sur le monde. Tu en connais déjà beaucoup sur le bonheur, mais peu sur la douleur et cette innocence te permet de percevoir toute la magie qui se cache derrière les pans les plus sombres de la vie. Tu vois de la lumière partout. Quand on grandit, mon bébé, ce qui était blanc devient souvent gris et cette lumière-là perd de son éclat et on tend à voir, à tort ou à raison, plus de noirceur que de clarté.

J’envie tes peurs parce qu’elles sont éphémères. Tu as peur du noir, tu as peur de l’eau, tu as peur de prendre du sirop contre la toux. Mais ces petites peurs-là ne guident pas ta vie; elles ne font que la ponctuer pendant quelques instants. Quand on grandit, mon bébé, on a peur de beaucoup de choses. On a souvent peur d’avoir mal, on a souvent peur d’échouer, on a souvent peur du jugement des autres. Parfois, on craint de se tromper. D’autres fois, on craint de ne pas pouvoir boucler le mois. Et ces peurs-là nous collent au ventre.

J’envie tous les drames de ta vie car même les plus grands meurent avec la nuit qui tombe. Une chicane avec ton frère pour une histoire de blocs à partager. Un verre bleu qui remplace un verre jaune. Une mauvaise chute à vélo. Toutes les larmes que tu verses n’en sont pas moins réelles, mais elles sèchent au soleil en quelques secondes à peine et la douleur qui les accompagne s’éteint à la tombée de la nuit. Au matin, tout est effacé. Le tableau est blanc. Quand on grandit, mon bébé, on essuie les ruptures, les réorientations, les chicanes de famille, la garde partagée et les mises à pied. Et même si on souhaite souvent très fort qu’au matin les drames de notre quotidien n’aient été qu’un cauchemar duquel on se réveille soulagés, ils perdurent, ils s’imprègnent et il faut les affronter chaque jour.

La route de la vie de grand n’est pas truffée que d’obstacles, de déceptions et de désillusions qui font mal. Elle comble aussi le coeur des adultes de succès, de coups de foudre, d’amitiés, de rires et de grand moments qu’on oublie jamais.

Mais ne grandis pas trop vite; la réalité de la vie de grand aura tôt fait de te rattraper. Profite de tous les jours qui passent comme seul toi sait si bien le faire.

Tu seras grand bien assez tôt, promis.

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