L’amitié que je te porte, ma belle-sœur adorée

women with coffee

Nous avons la chance de rencontrer un grand nombre de personnes dans notre vie, certaines qui ne font que passer, d’autres qui vont durer et parfois des personnes d’exception qui marqueront notre vie.

Parmi celles-ci, si toi ou ta douce moitié avez des frères et des sœurs, vient alors avec ce lot, la belle-sœur. Quelle soit de sang ou par alliance, on doit se l’avouer, une belle-sœur, à priori, c’est à la base une amitié un peu forcée.

Il y en a de toutes les sortes en passant par la belle-sœur qui sait tout, qui a une opinion sur tout et qui juge sur tout aux germaines qui ne te permettent que d’occuper le rôle de figurante lors des soupers de famille. Il y a celle qui adopte une attitude qui t’irrite et te fait bouillir par en dedans. Il y a aussi la belle-sœur un peu fofolle qui lève le coude dès qu’elle en a l’occasion et qui te laisse gérer ses rejetons. Ou encore celle qui, même après quinze ans à se côtoyer, sera très peu proche de toi et ne se sera jamais confiée. Il y a aussi celle avec qui tu développes des intérêts communs et partages même des activités.

Et il y a celle-là, celle vers qui tu es attirée et avec qui tu as envie de t’investir davantage.

Au début, peu importe qui elle est, tu dois l’apprivoiser. Surtout que tu as cru voir dans ses yeux qu’elle se demandait bien quelle sorte de bibitte son frère voulait lui présenter.

Parce qu’elle te voit arriver avec tes grands sabots, ta grande gueule, tes opinions très tranchées, ton franc-parler et le filtre que tu n’as pas, tu vois bien qu’elle est estomaquée et déstabilisée par ta personnalité. Elle qui vient d’une famille où l’on sourit même si l’on rage, où l’on évite de dire ce qu’on pense pour ne pas blesser les gens, et où l’on se tait pour éviter tous les malaises possibles.

Toi, tu es tout le contraire d’elle.

Ou à l’inverse, tu es la timide qui doit ajuster ton tempérament à une belle-sœur dont tu envies la fougue, les folies et le je-m’en-foutisme, mais que tu trouves parfois bruyante et essoufflante. Elle devra trimer dur pour réussir à te gagner.

Les années passent et l’amitié se trouve plus forte d’un bagage commun; les mariages, la naissance de vos enfants, les anniversaires et les occasions familiales vous rapprochent. Tu es peut-être même marraine d’un des siens, et elle d’un des tiens.

Puis un jour, cela te frappe en plein visage, à la suite d’un événement plus difficile pour elle, tu réalises toute l’importance qu’elle a pour toi.

Et tu retires alors le belle de sœur, parce qu’elle n’a plus besoin de préfixe pour définir ce qu’elle est. Elle devient ta sœur tout simplement. Et tu as envie de lui dire merci.

Merci d’être l’amie sur qui on peut compter, celle qui nous écoute et sur qui tu peux t’épancher, pleurer, rire des travers de la belle-famille, et surtout t’en faire une alliée. Celle qui s’ajuste à ton humeur, qui acquiesce lorsque tu es en désaccord avec une situation, mais qui dit le contraire, de concert avec toi, quand ta colère est retombée.

Merci d’être celle qui aime tes enfants sincèrement, qui se permet de les remettre à leur place quand c’est approprié, qui te donne des conseils juste quand tu les as demandés, qui te juge parfois, mais qui comprend totalement tes choix.

Merci d’être celle avec qui tu as les plus beaux fous rires du monde, avec qui tu prends un verre dans le confort de ton foyer et avec qui tu as accumulé de merveilleux souvenirs depuis toutes ces années.

Merci d’être celle avec qui tes enfants vieillissent, et bien que vous ne soyez pas toujours d’accord sur vos méthodes d’éducation, tout est fait dans le respect et la discussion.

Merci d’être celle avec qui tu voyages, en amoureux puisque les couples s’adonnent si bien, où tous les mauvais coups sont permis et où tout ce qui s’y passe ne peut être dit.

Merci d’être celle qui prend ta défense lorsque tu t’obstines avec son homme et qui s’inquiète si elle a senti du désarroi dans ta voix.

Merci d’être si généreuse, d’être celle qui ne veut rien recevoir et qui fait tout pour te rendre heureuse.

Merci d’être celle qui, si tu l’appelais au milieu de la nuit, viendrait à ta rescousse comme tu le ferais sans hésiter toi aussi.

Merci d’être restée la même personne, et de t’avoir acceptée telle que tu es, malgré vos si grandes différences.

Merci de ses confidences, de ses secrets et des tiens qu’elle sait si bien garder.

Alors quand tout ce beau monde autour de toi aura vieilli, à l’aube de ta seconde tranche de vie, quand tes enfants auront quitté ton nid, en espérant qu’elle sera encore présente et fidèle à votre amitié, dis-lui merci d’être dans ta vie.

Julie Ducasse
JULIE DUCASSE

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