Es-tu celle que tu pensais être ?

little girl alone in the street

Genre, t’es là. T’as trente ans. Est-ce que t’es devenue celle que tu pensais être ? Quand t’étais petite fille, pis que tu t’imaginais à trente ans, c’est-tu à ça que tu pensais ? De mon côté, la réponse, c’est non. Est-ce que c’est mieux, est-ce que c’est pire ? Je ne sais pas. Mais c’est pas à ça pantoute que je rêvais quand j’avais encore l’âge de rêver au prince charmant.

Dans ma tête de petite fille, je pensais que ma vingtaine serait une décennie d’aventures, de voyages, de découvertes, de flirts et de peines d’amour. Je pensais que dans ma vingtaine, j’allais me découvrir, m’épanouir et vivre la liberté. Ben non. C’est pas pantoute ça qui est arrivé. C’est même l’inverse. Je suis devenue une adulte un peu avant le temps. Je suis partie de chez papa et maman avec un enfant sur les bras. Fait que le rêve de liberté, y m’a pas mal pété dans face. J’ai frappé le mur de la vie d’adulte à grands coups de paiements d’hypothèque.

J’ai remplacé les nuits blanches sur un dancefloor par des nuits entrecoupées de biberons et de changements de couches. Avec des enfants, aller au dépanneur devient un vrai casse-tête, ça fait qu’on comprend qu’on est à des années-lumière de ce qu’on appelle la liberté.  Disons que quand tu deviens maman, le métro, boulot, dodo prend le dessus sur pas mal toute, pis ton voyage en pack sac en Europe est très loin sur ta to do list de la semaine.

J’ai échangé mes dimanches au Tam Tam par un rendez-vous hebdomadaire au Maxi. Mes grasses matinées sont maintenant une compétition entre moi et le soleil, à savoir lequel va se lever en premier. Mon goût du risque se voit quand je coupe les toasts en deux au lieu d’en quatre, pis mon côté artiste s’épanouit les deux mains dans plasticine.

Mais la rêveuse en moi n’a jamais cessé de rêver.

Je me dis que ma quarantaine sera ma nouvelle vingtaine oubliée. Je continue de croire que j’ai tout un destin qui m’attend, même si c’est dur à croire dans ce quotidien submergé par les responsabilités.

Pis dans le fond, quand je m’arrête, je me dis que je suis peut-être pas celle que je pensais être, mais j’ai pas pire réussi pantoute pareil. J’ai deux beaux enfants pour qui je me suis peut-être oubliée un peu, mais qui m’ont donné 125531 raisons de me lever le matin et surtout, le goût de continuer de rêver, pis de croire que tout est possible.

Pis toi, es-tu celle que tu pensais être ?

La Disgracieuse
LA DISGRACIEUSE

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