Tes enfants qui mentent

kid liar

La vérité sort de la bouche des enfants. Yish. Dicton désuet? Je ne sais pas pour toi, mais je me le demande parfois. Lorsqu’ils sont de petits-petits-mignons-chérubins, je suis d’accord. Ils n’ont aucune malice, ces mini-bouts d’humains, je te le concède. Mais disons qu’après avoir soufflé les quatre chandelles (peut-être trois??), les occasions de camoufler les gaffes/faits divers se multiplient à la vitesse grand V dans la dure réalité de ton bambin. La question qui tue demeure : pourquoi tes enfants mentent-ils autant?

Premièrement, je suis désolée de t’apprendre que les enfants prêchent par l’exemple. Pis leur exemple #1, ben c’est toi. Tu ne mens jamais? GOOD FOR YOU. Mais pour la majorité des autres mamans, on ment à tout bout de champ. Ici, attention. Je ne parle pas de mensonges terribles, mais bien de mini-menteries. Du genre «J’ai pas bu de café aujourd’hui » ou bien « C’est pas moi qui ai terminé la pinte de lait ». De telles affirmations semblent anodines, passant subtilement pour des blagues, mais ton mini-toi peut très bien enregistrer que c’est correct-acceptable-accepté socialement de t’imiter avec ces mini-mensonges.

Les enfants, tu le sais sûrement, ne sont pas fous. Règle générale, ils ont compris assez vite que lorsqu’ils font une gaffe, une erreur, une bêtise, un mauvais coup – name it – , il y a une conséquence vraiment pas l’fun qui s’y rattache. Normalement. Pis plus la gaffe est énorme, pire la conséquence sera. Je sais pas pour toi, mais moi j’aurais le goût de mentir pas mal  avec un tel  lot de menaces qui planent au-dessus de ma caboche. Je ne dis pas qu’il ne doit jamais y avoir de punition, mais si c’est trop over the top (du genre « t’auras pas de dessert pendant un an », « pas de tv pendant deux mois » ou « pas de jeux-histoires- ou « n’importe-quoi-qui-te-ferait-plaisir  pendant des siècles et des siècles»), ça risque de faire peur à ton kid pas rien qu’un peu. Et de le faire mentir.

Le sens des responsabilités est important. Si, comme moi, tu as le goût que tes enfants quittent le nid familial avant leurs vingt-cinq ans, ben faut tranquillement qu’ils fassent des choses seuls. Souvent. Beaucoup. Du pliage de linge à marcher seul pour aller à l’école (oui je suis une mère indigne), en passant par aider à cuisiner et prendre sa douche de temps en temps; la chair de ta chair est capable d’en prendre. Mais ce chemin vers l’autonomie fait augmenter exponentiellement l’éventualité de gaffes/erreurs /faux pas. C’est un package deal qu’il faut apprendre à accepter, avec du bon vin pis ben des exercices de respiration.

Mon rêve le plus fou, veux-tu que je te le raconte? J’ai le goût de bâtir une relation de confiance avec mes enfants, une relation saine où les gaffes sont permises, où il y a des conséquences (ben oui!), mais où les erreurs sont accompagnées d’un sentiment de cheapness assez élevé qu’à lui seul, on en grandit et apprend de nos erreurs. N’oublie pas que le lobe frontal pousse à dix-huit ans et que tes chérubins vont en faire longtemps, des faux pas pas possibles.

« Toute vérité n’est pas bonne à dire ». Mmmmmm. Voilà un autre dicton sur lequel mijoter un peu.

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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