Le rose n’est pas que pour les filles

gender conflict concept

Ça y est, tu viens de naître. « Félicitations madame, c’est un garçon ». Passée l’euphorie d’être maman, je suis subitement envahie par un étrange sentiment et pense à tous les interdits que la simple condition de garçon fait peser sur tes petites épaules.

“Un garçon, ça ne pleure pas”

Va savoir pourquoi, j’ai beau chercher, me documenter, surfer sur la toile, je ne trouve aucun texte t’interdisant formellement de pleurer. Pourtant, mon petit prince, tu pourras chigner, geindre, pleurer jusqu’à tes dix ans. Passé cet âge, le commun des mortels te rangera dans la catégorie dite “grands garçons”. Larmes interdites, à croire que grandir rime avec ulcère et contrôle des émotions. Et si, en jeune rebelle insoumis, tu oses encore passé cet âge à pleurer en public, tu prendras le risque de t’attirer les foudres des plus machos d’entre tous, et de te voir attribuer les pires noms d’oiseaux à caractère homophobe et humiliant.

“Un garçon, ça porte des couleurs sombres”

Pourtant, moi qui aime les couleurs lumineuses, crois bien que j’ai arpenté les rayons garçons des plus grandes chaînes de prêt-à-porter en quête d’un peu de gaieté. Aux filles le rose, le violet, les paillettes et les couleurs flashy, au rayon garçons, le beige, le noir et le bleu marine dominent.

“Un garçon, ça aime le sport”

Bière à la main, chips et rassemblement de copains obligent, un homme, un vrai, se doit d’aimer le hockey, le baseball, le football ou tout autre sport de gentleman dont la principale ambition est de démontrer ses prouesses sportives en fonçant courageusement sur son adversaire.

“Un garçon, ça aime l’alcool”

Tout seul ou en meute, un homme doit obligatoirement picoler à n’en plus pouvoir sans quoi sa virilité en prendra un coup. Tu forceras le respect en frisant le coma éthylique, alors que tu passeras pour ennuyeux et responsable en sirotant ton jus de tomate.

Je t’énonce là uniquement les plus grands principes auxquels il te sera difficile de déroger. Je te passerai sous silence ce qui est communément admis sans jamais être dit; pas de garçon assistant maternel ou homme de ménage. À toi les armes et le courage.

Alors mon petit homme, sache que tous ces préceptes sont à déconstruire. Car contre toute attente, la gent féminine ne craque pas uniquement pour les gros machos et autres buveurs de bière. Rien de plus craquant pour nous qu’un homme qui assume ses sentiments, laisse libre cours à ses émotions et connaît ses limites.

Alors, sache que tu es libre d’aimer le hockey, le patinage artistique, la bière, le sirop à la violette, les films de Stalone, Dirty Dancing, les filles, les hommes ou les paillettes. Tant que tu es bien dans tes souliers, tu seras toujours un homme, un vrai, peu importe ta couleur.

Aude Courbouleix
AUDE COURBOULEIX

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