Voici pourquoi je n’irai plus jamais en camping

mother and kid camping

Le feu de camp qui crépite, les guimauves qui crament, les enfants en pyjama qui chassent les papillons de nuit, les étoiles qu’on ne se tanne pas de regarder en se répétant à quel point c’est donc plaisant de se reconnecter avec la nature pis la simplicité de la vie sont tous des avantages incontestables du camping en famille. Malheureusement, la barge d’inconvénients qui vient avec cassent le party. Voici donc huit raisons pour lesquelles je n’irai plus jamais en camping en famille.

#1  Le stock à paqueter

Que tu partes pour une nuit ou une semaine, tu peux être assurée que ça va te prendre plus ou moins une heure et demie paqueter ton char en vue de te faire aller dans ta cabane en toile avec tes p’tits. Tente, sleepings, oreillers, cooler, deuxième cooler, troisième cooler, brûleur, attirail de vieilles casseroles qui vont partir en fumée sur ton beau feu de camp, ustensiles, assiettes, bols, céréales, pain, collations, serviettes de plage, jeux pour jouer dans le sable en tout genre, jeux de société en cas de pluie, toutou de l’un, doudou de l’autre. Que tu possèdes une Yaris ou une minivan, je te confirme que tu vas fuller ton char jusqu’au dernier centimètre, que ton plus vieux va finir avec une glacière sur les genoux pis que tu vas déjà avoir hâte d’être revenue avant même d’être partie.

#2  Les toilettes extérieures

Dans la vie, il y a certains endroits où on aime pas particulièrement faire nos petits besoins. Y’a les toilettes des piscines publiques parce que tu ne sais jamais de quoi est constitué la flaque liquide qui gît devant la cuve, celles dans les centres d’achats parce qu’il y a toujours quelqu’un qui débarque dans la toilette d’à côté quand tu veux avoir la paix,  les Sani-Jones parce que ça, ça bat des records de dégueulassitude et les toilettes de camping parce qu’il ne fait pas si bon que ça faire sa petite commission sous le regard inquisiteur du perce-oreille qui te grimpe sur le pied, question d’accompagner la mouche qui vient de se poser sur tes fesses. Malgré tous les efforts du personnel, ça pue, c’est sale pis la nuit, ça pullule de papillons avides de se brûler le derrière sur la seule et unique ampoule qui fait son gros possible pour éclairer le secteur.

#3  Les maudits moustiques

Les moustiques, c’est un mal obligé. Peu importe où tu vis, y’en a, à plus ou moins grande échelle. L’affaire, c’est que ça se complique quand ils s’introduisent dans tes oreilles pendant que t’es en train de manger ton hamburger, qu’ils te piquent les jambes en rafale au beau milieu de la nuit et qu’ils t’accompagnent quand tu vas faire ton p’tit pipi du matin. En camping dans une tente, peu importe où tu vas, peu importe ce que tu fais, tu ne seras jamais seule; y’a toujours un suceux de sang pas loin pour te sucer la même dose d’hémoglobine que de patience.

#4  L’impression d’être sale en permanence

Que tu prennes ta douche ou non en cours de séjour, plus ou moins une heure après être arrivée sur ton terrain de camping jusqu’au moment où tu vas franchir la porte de chez vous, de retour dans la civilisation moderne, tu vas avoir l’impression d’être sale comme si tu t’étais roulée dans une mare de boue avec une gang de cochons. La sueur, la boucane de ton beau feu de camp, la crème solaire mélangée avec l’anti-mouche que tu t’es sprayé dessus toutes les heures; tout est en place pour que tu aies un orgasme en prenant ta douche en revenant chez vous.

#5  La pluie pis l’humidité

Qu’il mouille ou non, camper dans une tente, c’est vivre dans l’humidité en permanence. S’il pleut en plus, vous voilà cloîtrés dans dix pieds par dix pieds de toile qui prend potentiellement l’eau pis on dira ce qu’on voudra, c’est beau jouer aux cartes pis jaser, mais ça fait son temps.

Si t’es wild et tu décides de sortir ta gang malgré la température parce que la pluie tue pas personne pis vous êtes pas faits en chocolat, le problème va survenir plus tard quand tu vas chercher une solution pour faire sécher le stock détrempé de tout ton p’tit monde. Une corde à linge improvisée qui va finir par terre ? Le dossier des sièges du char ? Ne casse pas ta tête avec ça, peu importe ton choix, tu vas revenir avec ton stock trempe anyway.

#6  Le bruit à toute heure de la nuit

Après une journée au soleil, tes p’tits sont brûlés et ils s’évanouissent dans leur sleeping bag avant les huit coups de huit heures. Zen et détendue, tu te sers une bière et tu cheers avec ton chum en projetant d’enjoyer le calme de la nature une couple d’heures. À dix heures, le voisin s’improvise guitariste et se met à enflammer le terrain 142, encouragé par les occupants du terrain 143. En moins de temps qu’il faut pour le dire, le grattage de cordes du joueur de guitare soliste se transforme en jam à grands coups de djembé pis d’harmonica. Les p’tits se réveillent avec la tête dans le derrière et vous passez tous l’heure suivante couchés dans vos sacs de couchage respectifs les yeux grands ouverts à attendre la fin de votre show gratisse.

#7  Les envies de pisser de tes p’tits en pleine nuit

La capacité maximale de la vessie de tes p’tits étant ce qu’elle est, les chances qu’ils ne te réveillent pas quelque part dans la milieu de la nuit pour cause de pipi pressant sont de minces à nulles. Avant de sortir de ta luxueuse tente en toile pour mettre le nez à l’extérieur, là où il s’est sournoisement installé un froid sibérien, tu dois d’abord prendre soin de chercher tes vieilles espadrilles pleines de vase et celles de ta progéniture et tenter de les lui mettre dans les pieds sans réveiller personne avant de poursuivre ta mission incognito en ouvrant la porte de ta tente. Malgré l’avancée de la technologie, le bruit du zipper n’échappera pas à la balance de ta famille qui va prendre plus ou moins une heure à se rendormir, heure pendant laquelles tes p’tits ne manqueront pas de te faire part de leurs nombreux besoins nocturnes. En route vers la toilette, ton p’tit traîne de la patte, tu te gèles le derrière et tu essaies de faire abstraction des quarante-douze bibittes qui ont encerclé le bloc sanitaire. De retour dans la tente, tu te glisses dans ton sleeping on ne peut plus humide et tu te dis que c’est donc beau, la vie dans la nature.

#8  Les matins qui commencent trop de bonne heure

Après quelques heures de sommeil interrompues par les solos de guitare des voisins et les envies de pisser de tes p’tits, le soleil se lève. À cinq heures. Et comme ta tente est aussi opaque qu’une pellicule de Saran wrap, à cinq heures deux, tes p’tits ont les yeux ben ronds et sont prêts à starter leur journée qui a pourtant fini trop tard pour commencer si tôt. Le hic, c’est qu’à cinq heures le matin, les cris d’enfants ne sont pas les bienvenus. À six heures pis à sept heures non plus. Ça fait que tu les accompagnes dehors où il fera bon ne rien faire pantoute tout en leur rappelant de parler moins fort jusqu’à ce que la balance du monde se lève.

Y’a un dicton qui dit « Loin de la nature, loin du trouble ». Cette année, on loue un chalet.

 

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