Notre coparentalité, mon ex

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Mon cher ex,

Quand j’ai choisi de tout faire éclater, j’avais à demi réalisé l’impact que ça aurait sur nous deux et sur nos enfants.  Tout ce que je savais à ce moment précis, c’est que je me devais de le faire.  Pour moi, pour toi, pour elles.  On n’avait aucune idée à quel point on faisait fausse route toi et moi.  Si je pouvais retourner en arrière, je ne changerais en rien ma décision.  Parce qu’elle était celle à prendre, j’en suis plus que jamais persuadée.

Aujourd’hui, des années plus tard, je veux te remercier.  Du plus profond de mon être.  Parce que je réalise la chance que les filles ont de t’avoir comme papa, mais aussi la chance immense que j’ai de t’avoir comme ex.  Des histoires d’horreur d’ex en guerre, j’en entends à profusion, j’en lis quotidiennement et je réalise la chance que j’ai.

Tout n’est pas toujours rose, ni facile… sinon, on serait encore ensemble n’est-ce pas?  On n’a pas réussi toi et moi à être la personne dont l’autre avait besoin en couple, mais comme ex, on forme un sacré duo.  On n’est pas de grands amis, mais entre nous, il y a un respect mutuel que je protégerai toujours. Nos différences et nos différends ne nous empêchent pas de travailler ensemble pour le bien de nos filles.  Je suis tellement fière de l’équipe que l’on forme, tellement fière de voir à quel point, on agit avec maturité et discernement dans cette relation.  Ça prend parfois beaucoup de patience et de lâcher prise, mais on y arrive.

Toi et moi, on réinvente le modèle.  On n’est pas les premiers à y parvenir, mais on le fait de la plus belle des manières.  Je ne me considérerai jamais comme une monoparentale, même quand j’ai les filles auprès de moi.  Je sais que tu n’es qu’à un coup de fil et à deux coins de rue.  Je sais que je pourrai toujours t’appeler pour te demander assistance et que même si tu ne le fais pas pour moi, tu seras toujours prêt à m’épauler pour le bien de nos enfants.

Quand je lis la note de félicitations qui nous est adressée dans le cahier de notre grande parce que sa prof en oublie que notre cocotte «habite dans deux maisons séparées».  Quand les éducatrices de la garderie nous disent que si elles n’étaient pas au courant, jamais elles n’auraient deviné que l’on avait pris des chemins séparés.  Quand je nous vois les dimanches après-midi partir patiner tous les quatre ensemble, je me dis qu’on réussit quelque chose d’incroyable et que nos filles sont immensément chanceuses d’avoir ce modèle de parents.

Et contrairement à bien d’autres, je n’anticipe pas la venue de ta blonde dans ta vie et dans celle de nos filles.  Je me dis que plus elles seront entourées d’adultes aimants, mieux elles vont se développer.  Ta blonde, j’ai même hâte de la rencontrer.  Jamais je ne la démoniserai auprès de nos filles.  Au contraire.  J’ai confiance en ton jugement.  Je sais donc que si tu acceptes de la laisser entrer dans vos vies, c’est qu’elle est une bonne personne.  Elle aura toute mon admiration et mon soutien pour t’aider à prendre soin de nos plus belles lorsqu’elles seront auprès de vous.

Alors à toi, je te souhaite sincèrement d’être bien parce que très honnêtement, tu le mérites, mais aussi parce que nos filles méritent tellement d’avoir des parents heureux, bien dans leur peau et bien avec la personne qu’ils auront choisie.

Et puisque qu’à leur âge, le bonheur de nos enfants passe essentiellement par le nôtre, je nous souhaite à tous les deux d’être heureux à ne pas y croire nous-mêmes.

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

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