La foi que je veux vous donner

little girl pray

Mes chers enfants,

Vous ne savez pas encore tellement ce que ça signifie, mais je suis baptisée, confirmée et mariée à l’église. Papa et moi vous avons fait baptiser aussi. Je n’irai jamais jusqu’à dire que je le regrette. Sur le moment, ça m’a semblé important de le faire. Mais en toute franchise, aujourd’hui, je ne sais plus trop pour quelles raisons…

La vérité, celle que je n’avais pas prévue et que je suis pourtant forcée de m’avouer, c’est que je n’arrive pas à vous parler de religion sans me sentir comme un imposteur. Peut-être parce que vous me regardez avec vos grands yeux innocents, vous buvez mes paroles et prenez tout ce que je dis comme étant la vérité vraie. Peut-être parce que vous n’avez pas encore les outils intellectuels pour faire la part des choses dans ces récits. Je peux vous parler allègrement de belles valeurs, de respect, d’amour, de partage, ça oui. Mais quand on arrive aux inévitables concepts de paradis, d’enfer, de péché, de résurrection et de miracles, je bloque. J’ai l’impression de vous flouer.

Je prends donc la décision de toujours vous encourager à cultiver la foi, mais uniquement celle que vous avez en vous-mêmes. Soyez bons, soyez généreux, soyez respectueux, mais pas pour plaire à un quelconque être suprême qui vous observerait, ni par peur de représailles divines. Soyez-le simplement parce que c’est juste, parce que c’est la bonne chose à faire, et pour avoir la meilleure estime possible de vous-mêmes. C’est la seule opinion qui devrait vraiment compter à vos yeux. On ne peut pas faire fausse route avec ça.

Ayez toujours foi en votre capacité de tout réussir, ainsi qu’en votre immense pouvoir d’influence sur votre propre vie.

Ayez foi en votre famille et vos amis, ceux qui sont vraiment là, pour vous, chaque jour. Ceux qui vous aideront, vous supporteront en toutes circonstances et qui soulèveraient des montagnes pour vous.

Ayez foi en l’humain. Même si ce n’est pas facile tous les jours, même quand le monde semble dégringoler de bien haut. Si nous sommes le problème, nous avons aussi tout ce qu’il faut pour devenir la solution.

Quand arriveront les grandes peines, de celles qu’on n’arrive pas à avaler ni digérer, vous serez peut-être tentés de vous réfugier dans de douces explications mystiques. Elles sont réconfortantes, elles font parfois du bien. Je vous y accompagnerai même si je pourrai difficilement vous fournir les réponses que vous cherchez. Je vous aiderai par contre toujours à vous accrocher dans le réel, même s’il fait mal, même s’il fait pleurer. Il est parfois dur, mais il est tangible et vrai, et je vous jure qu’il vous offrira bientôt des jours plus lumineux.

Et si un jour quelqu’un vous dit qu’il prie pour vous ou qu’il vous bénit, j’espère que vous apprécierez l’intention derrière ce geste, mais que vous saurez aussi que ça n’aura aucune incidence sur ce qui peut ou non vous arriver par la suite.

N’attendez pas de miracle, n’espérez pas un quelconque sauveur pour vous sortir des périodes difficiles. Soyez vos propres sauveurs, soyez forts, soyez braves, travaillez d’arrache-pied à créer vos propres petits miracles au quotidien.

Est-ce que je compte vous parler de Jésus, de Dieu? Oui, sans doute, je vous en parlerai au hasard de vos questions. Je vous en parlerai comme d’une grande histoire, au même titre que toutes celles qui garnissent déjà vos étagères. Je vous la lirai si vous voulez, entre le Chat Botté et les contes de chevaliers. On en discutera, on en tirera peut-être une belle réflexion, qui sait? Puis on la reposera à sa place parmi les autres récits imaginaires, et la vie, la vraie, suivra son cours.

Quant à moi, j’aurai toujours foi en vous. N’en doutez jamais.

Mélissa Brassard
MÉLISSA BRASSARD

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