À toi mon homme, le papa travailleur autonome ou l’entrepreneur

father leaving kids

À toi mon homme, le papa travailleur autonome, l’entrepreneur,

Tu es si fier de dire que tu travailles fort pour que ta femme reste à la maison avec les enfants. Tu es si fier de penser que lorsque tu pars, c’est pour subvenir aux besoins de notre famille. Tu es si fier quand tu dis avoir réussi dans la vie parce que ton business se porte bien. Si ça peut te rendre heureux, je continuerai de faire semblant de l’être, mais plus pour longtemps. La parure et l’argent, c’est bien beau pour plusieurs, mais dans mon cas je ne demande que notre bonheur familial.

Ton travail prend toute la place; tu nous délaisses trop souvent. Au moindre appel, tu nous quittes comme une flèche et ce, peu importe l’heure ou la journée et tout ça te convient.

As-tu déjà vraiment pensé aux enfants et à moi ? Je ne crois pas, non. Si j’ose t’en glisser un mot, tu me réponds que tu le fais pour notre famille et que je suis chanceuse de pouvoir rester à la maison avec eux pendant que tu pars pour que nous ne manquions de rien et pour que nous soyons heureux.

Tu veux que je te dise la vérité ? J’ai besoin de mon chum, de mon mari, de mon conjoint et de mon meilleur ami pour être heureuse. J’ai besoin de toi et nos enfants aussi. Je n’ai pas besoin de cette si grosse maison que je vois comme un fardeau à entretenir. J’en ai pas besoin. Elle me répugne car j’ai bien mieux à faire de mon temps avec nos enfants que de faire du ménage.

C’est ta présence que nous voulons parmi nous. Pas ton argent.

Malheureusement, lorsque tu dois quitter pour la deuxième fois un samedi, nos plans de la journée disparaissent. Je fais mine de rien et je te dis d’y aller car ça semble si important pour toi. Je ne veux pas que tu te sentes mal de quitter parce ce que je t’aime.

Tu quittes et je te regarde partir avec mon sourire forcé. Mais ça, tu ne le remarques même pas parce que tu es déjà rendu au coin de la rue.

Au fond de moi, j’ai de la peine. Je suis triste de devoir annoncer encore une fois à nos enfants que notre journée en famille sera annulée. Je suis triste de devoir inventer mille et une raisons, de prendre de mon temps et surtout de prendre mon courage à deux mains pour annoncer ton nouveau départ que je défendrai auprès des enfants en retenant mes larmes. Je suis triste d’essuyer les larmes coulant sur leurs petites bouilles si tristes.

As-tu peut-être aussi omis de donner des bisous aux enfants avant de les quitter ? Comment fais-tu pour quitter avec autant de détachement? Ah oui, tu ne penses qu’à ton travail.

J’ai hâte que tu réalises que tu es en train de passer à côté de plusieurs beaux souvenirs avec ta famille. La première fois que le dernier a fait ses premiers pas, j’avais le téléphone à la main pour te filmer ce beau moment. Tu es finalement entré à la maison, tu es allé directement sous la douche et puis tu t’es couché. À peine un « Bonjour, comment s’est passée ta journée? ». Je ne te l’ai jamais montrée cette vidéo car tu ne me l’as jamais demandé.

Plus le temps passe, plus ma peine se transforme en carapace. Tes enfants commencent à être immunisés contre tes départs hâtifs aussi.

C’est pas mal plus triste pour toi que pour moi quand j’y pense. Moi, je serai toujours présente pour les écouter, les chérir, régler des chicanes, les border chaque soir, les épier du coin de la cuisine lorsqu’ils sont en plein fou rire fraternel. Ce sont de merveilleux moments. Mais ça, tu ne le vois pas. Tu crois qu’ils ne font que se chicaner mais pourtant ils ne cherchent et ne demandent que ton attention quand tu es avec nous.

Notre petit univers bien à nous est sur le point de se faire rentrer dedans à grands coups. Je ne tiendrai plus encore longtemps à jouer le rôle du père et de la mère en ton absence. J’admire les mamans monoparentales. Serais-je capable d’être aussi débrouillarde, compétente et exceptionnelle qu’elles?

J’ai peur. Je suis effrayée à l’idée de te perdre. J’ai peur que notre avenir ensemble s’écroule. Il est bien plus compliqué que ce dont nous rêvions tous les deux auparavant.

Moi et les enfants t’aimons plus que tout.

Et j’ai espoir que tu te réveilles avant qu’il ne soit trop tard.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

2 thoughts on “À toi mon homme, le papa travailleur autonome ou l’entrepreneur

  1. Louison Tremblay Répondre

    Ouais. Mauvaise communication. Le gars, il est sincère quand il dit travailler pour le bien de sa famille. Lance-toi donc en affaires (je l’ai fait!) et tu verras que les compagnies qui marchent sont celles où la ou le patron(ne)-boss-entrepreneur(e) prend ça à cœur, ne compte pas ses heures et n’hésite pas à se précipiter en plein samedi pour accommoder un client qui a besoin de lui. Ça s’appelle du bon service à la clientèle. De la passion aussi.

    J’ai l’immense chance d’être appuyée et encouragée par un conjoint qui est fier de moi. Du moins c’est ce que je crois. Ton texte me fait légèrement douter. Pourrait-il mentir quand il me dit spontanément de ne pas m’en faire et de quitter quand un client m’appelle? Je ferais la même chose pour lui, c’est une évidence. Nous formons une équipe.

    Si tu n’es pas satisfaite de ta vie, ce n’est pas uniquement à cause des absences de ton mari. Que fais-tu, toi, pour la rendre intéressante ta vie? Chialer dans un blogue et en vouloir au conjoint sans même lui parler de tes insatisfactions ne va rien régler.

    1. Alex Répondre

      Ton commentaire est dur… je ne crois pas qu’elle chiale sur un blog. Je crois qu’elle se vide le cœur, point. Probablement que tout ce qui est écrit là, elle l’a déjà exprimé à son conjoint.
      On ne gère pas tous de la même façon. Si le chapeau ne te fait pas, ne t’offusque pas! 😉

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