Être maman : ta maudite charge mentale

mother headache

On va commencer par établir un fait. Les hommes et les femmes ne pensent pas exactement de la même façon. C’est prouvé scientifiquement, nos cerveaux sont faits pareils, mais les chemins qu’entreprend le traitement de l’information diffère selon qu’on porte ou non un chromosome Y.

Ça fait que, des fois tu regardes ton chum le soir pis tu demandes comment ça se fait qu’il est pas épuisé lui aussi – même s’il te jure le contraire. Comment ça se fait qu’il a encore de l’énergie à revendre lui alors que toi t’es brûlée ben raide? Je vais te le dire, c’est parce que ton maudit cerveau à toi ne s’arrête jamais. T’es fatiguée ma belle parce que ton hamster dans ta tête est addict à la roulette.

Tu penses à tout, tout le temps. Pis ça, c’est épuisant. Est-ce que vous avez déjà manqué de papier de toilette chez vous? Est-ce que les comptes ont déjà été payés en retard par oubli? Ta rotation de conserves se fait toujours bien sans qu’il ne te manque de soupe aux tomates? Le lavage est toujours à jour (pas toujours plié et rangé ok, mais fait)? Ta réserve de brosses à dents de rechange n’a pas le temps de se tarir? Ça ma belle, c’est parce qu’en plus de tes tâches quotidiennes dans la maison, de tes obligations familiales et professionnelles, tu vois à tout ça. Dans ta tête, tu fais des listes, tu prends des notes, tu te mets des alertes à ne pas oublier. Tu accumules une charge mentale.

Pis en plus, t’as au moins 80% des chances de vivre avec une personne sous ton toit, chum ou enfant (ou les deux) qui ne demande qu’à t’aider right, mais à qui tu dois dire exactement comment.

« Dis-moi le mon amour si t’as besoin d’aide! »

Pourquoi c’est à toi à le nommer? Il le voit pas que tu essaies de faire la liste d’épicerie en tenant compte du budget, du contenu du congélateur, des cannes qui sont dues pour être ouvertes et cuisinées, du menu de la garderie pour pas que les enfants mangent trop pareil le soir venu pis des goûts de tout le monde. Tout ça bien sûr en te disant qu’il faudra pas oublier de partir le lave-vaisselle avant de te coucher, pas maintenant parce qu’on est à haut tarif d’Hydro – t’sais faut aussi penser à la planète pis au budget Hydro. Ah pis un coup parti, tu prends une pause dans ton inventaire épicerie pour aller voir s’il reste du savon à lessive parce qu’il me semble qu’il est en spécial quelque part cette semaine pis que ça vaudrait la peine d’en racheter si la bouteille tire à sa fin. Là, tu allumes que le premier du mois approche bientôt pis qu’il faut que tu rappelles à ton chum de verser de l’argent dans le compte conjoint pour le paiement hypothécaire qui passera bientôt. En revenant à la cuisine après avoir vérifié le détergent – qu’il faudra effectivement ajouter sur la liste des achats à faire cette semaine- tu en profites pour faire un détour dans la chambre des enfants pour ramasser le linge à laver pis tu replaces deux ou trois bébelles qui traînaient par-ci, par-là.

Tu prépares les vêtements des enfants pour le lendemain, tes propres vêtements question de sauver du temps dans la routine demain matin. Tu prépares ton lunch pour le lendemain midi. Bref, tu fais tout ce qui pourra t’aider à en faire moins dans le rush du matin.

Une fois couchée le soir, tu penses à ton boss qui veut te rencontrer demain matin pour te parler d’un dossier urgent. À ta collègue Suzie qui vit des moments difficiles avec sa petite dernière – ça serait bien de passer lui demander comment elle va, tu penses aussi aux appels que tu n’as pas eu le temps de retourner aujourd’hui et qui devront être faits sans faute demain. Bref, tu nourris ton accro de la roulette pis tu te fatigues encore.

C’est essoufflant à lire hen!? Imagine alors ce que ça fait dans ta tête.

Fait que non, tu le dis pas toujours à ton chum ou à tes ados qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour t’aider. Parce que ça spin trop vite pis t’arrêter pour expliquer ou demander te ferait perdre le fil.

Si tu étais capable de faire une seule chose à la fois. D’arrêter de tout prévoir, de tout décortiquer. Tu serais sans doute plus énergique, mais tu ne serais peut-être pas plus heureuse parce que tu aurais le sentiment de ne pas faire tout en ton pouvoir pour toi et les tiens.

La maudite charge mentale. Comment tu fais pour bien vivre avec ça toi, fille? Parce que moi, je dois t’avouer que mon hamster, j’ai juste le goût de le tirer à la carabine à plomb.

Amy Bureau
AMY BUREAU

3 thoughts on “Être maman : ta maudite charge mentale

  1. Caro Répondre

    Wowe

  2. Aline Répondre

    J’ai adoré cet article! C’est tellement vrai!!! Je me suis Bien reconnue et j’ai aussi beaucoup ris de la façon dont c’est raconter 😊 Merci!!

  3. Mylène Geoffroy Répondre

    En effet, c’est la réalité d’une majorité de femmes qui vivent en couple avec un homme, ou pire, et avec des enfants ! Ce sont mes soirées qui sont décrites ici. MAIS, j’ai une réelle difficulté avec l’analyse : ce n’est pas une question de cerveau (en fait, il est également démontré que les chemins différents qu’emprunte l’information dans nos cerveaux auraient une bonne part d’acquis, ou d’appris….), ou de « naturel » féminin – et masculin- ou pire, d’ordre normal des choses. Ce dont on parle ici, ce sont des rapports sociaux de sexe, et comme tous rapports sociaux, ils se construisent….et se déconstruisent ! Après, libres à nous de nous y attaquer dans notre p’tit monde privé, mais faut appeler un chat, un chat ! Bonne chance mesdames !
    Pour celles que ça intéresse : http://www.editions-rm.ca/livres/cerveau-hormones-et-sexe/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *