À toi, la mère-poule

mother embrace son

Tu comprends maintenant ce que ta mère a enduré pendant ta jeunesse.  L’anxiété de voir son enfant découvrir le monde, gagner en indépendance, vivre sa vie… et le laisser faire.  Dès la maternelle,  tu te promenais un peu partout avec ton vélo, elle ne savait pas toujours où tu étais, mais ne semblait pas s’en inquiéter pour autant. Aujourd’hui, tu te demandes sérieusement comment elle a fait, ta mère, pour ne pas virer folle?

Toi,  tu paniques.  T’as peur.  Aussitôt tes p’tits hors de ta vue,  tu envisages les pires scénarios : ils vont tomber et se casser une jambe, se perdre dans le labyrinthe des rues du voisinage, se faire frapper, kidnapper. Peu importe l’événement malheureux, name it, tu y penses, tu le redoutes.  C’est viscéral, tu te sens mal et tu as donc bien hâte de les voir tourner le coin de la rue pour sentir la vague de soulagement qui vient immanquablement lorsqu’ils réapparaissent dans ton champ de vision.

Fini le temps où leur univers se résumait à la cour arrière, dans ton environnement contrôlé, ou aux promenades au parc sous supervision parentale.  Ils vieillissent alors tu tentes de te raisonner. Gros travail à faire sur toi-même, mais tu élargis ta zone de confort, une rue à la fois. Oui, ma belle, tu peux aller jouer avec tes amies (mais pas question de traverser le boulevard).  Oui, mon p’tit coco, tu peux aller te promener en trottinette (mais donne-moi ton itinéraire bien précis et passe souvent devant la maison).  Le pire, c’est qu’ils font bien ça, mettent leur casque, regardent toujours habituellement des deux côtés avant de traverser pis toute; tu es dans un coin relativement tranquille de la ville, mais c’est plus fort que toi.  Ils doivent avoir une certaine latitude pour apprendre ce qu’est la vie, mais leur donner bousille complètement la tienne.

Tu essaies d’avoir l’air détachée, mais à l’intérieur, c’est un combat de tous les instants, car tu te souviens justement de toi au même âge, ne reconnaissant pas le danger, naïve et innocente Et quand tu commences à te sentir mieux avec cette nouvelle réalité, à accepter de repousser tes limites, tu rencontres plus mère-poule que toi et tu recommences à douter.

Ce n’est pourtant pas si compliqué, suffit d’avoir confiance en eux, comme ta mère avec toi dans le temps.  Il ne t’est rien arrivé, tu as fait tes expériences et aujourd’hui tu es une adulte responsable.  Mais avoue qu’à certains moments, l’idée d’un GPS intégré te plaît de plus en plus!!!

 

Sophie Métivier
SOPHIE MÉTIVIER

Une réflexion sur “À toi, la mère-poule

  1. Annick Landry Répondre

    Tellement moi !!! même avec mon 12 ans. .. jvois pas le jour où je vais destressée !

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