Chéri, tu n’es pas l’amour de ma vie

sad woman in front of window

Mon amour,

Je t’aime. N’en doute pas une seule seconde.

Mais avant toi , bien avant , il y avait lui.

Il y avait cet homme qui a traversé ma vie comme une étoile filante. Quelques mois à peine nous ont unis lui et moi. Quelques mois magiques, intenses et brûlants. Je me suis découverte dans son regard, je me suis sentie vibrer sous ses mains, j’ai grandi auprès de lui. Il a allumé en moi une étincelle qui m’a donné vie. Pendant ces quelques mois, j’ai passé de fille à femme. Pour la première fois, je me voyais donner des enfants à un homme. Je me voyais partager mon quotidien avec quelqu’un. Je me voyais amoureuse pour toute la vie.

Cet homme m’a dit les mots que je devais entendre. Il m’a montré son amour de mille et une façons. Il m’a donné des papillons dans le ventre chaque jour de notre relation. Il m’a fait voir la vie en couleurs et en chansons. Il m’a aimée de tout son être et je l’ai aimé tout autant en retour.

Puis un soir, il est arrivé chez moi avec un discours qui m’a fait mal. Il voyait l’amour lui prendre ses rêves. Il a paniqué. Il craignait que notre relation n’aille trop vite. Il craignait de se retrouver trop vite avec les responsabilités qui assaillissent les jeunes couples – un appartement, un mariage hâtif, une maison, des enfants… Il a eu peur et s’est enfui.

Il a laissé en moi un trou béant que je n’ai jamais réussi à combler totalement. J’ai vécu une peine d’amour sans nom. Honnêtement, je n’ai pas compris et je ne comprends toujours pas aujourd’hui ce qui est arrivé. Je n’ai jamais voulu que notre amour nous empêche de vivre nos rêves respectifs. Je n’ai jamais voulu qu’il me demande en mariage à vingt ans. Je n’ai jamais voulu le presser pour avoir des enfants – nous n’en avions même jamais parlé!

Il est parti en me disant qu’il avait besoin de temps pour lui, pour vivre ses rêves. Il est parti en me disant qu’il m’aimait toujours et que peut-être un jour il reviendrait.

Je l’ai attendu. Longtemps. Trop longtemps.

Et on dirait que dans mon for intérieur, je l’attends toujours.

Même si quand je vois la vie qu’il mène aujourd’hui, je sais que je n’y aurais plus ma place.

Même si notre vie à toi et moi me rend heureuse aussi.

Même si je sais que c’est inutile.

Je l’attends encore.

Je continue de passer cette relation et cette rupture en boucle dans ma tête et dans mon coeur. J’ai encore tous ces papillons qui me torturent l’estomac en pensant à lui. Je ressens encore le goût de ses lèvres contre les miennes. J’entends encore sa voix me murmurer des « je t’aime » dans mon sommeil. J’ai encore envie de son corps contre le mien.

Mais je sais que c’est impossible. Je sais que même si cette relation avait perduré, elle serait quand même finie aujourd’hui. Parce que nous n’étions pas faits pour être ensemble même avec tout l’amour du monde. Il l’a seulement réalisé en premier.

Aujourd’hui quand je regarde nos enfants, je me dis que j’ai été chanceuse de te rencontrer et d’être arrivée à t’ouvrir mon coeur suffisamment grand pour que tu puisses t’y installer aussi. Tu m’as donné le plus beau des cadeaux qu’une femme puisse avoir. De l’amour, une vie à deux, des enfants magnifiques.

Mais malgré tout, il y a un « mais ».

Chéri. Je t’aime. Mais tu n’es pas l’amour de ma vie. Ça a toujours été lui et je crois que ça le sera jusqu’à la fin.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Une réflexion sur “Chéri, tu n’es pas l’amour de ma vie

  1. Marie-Lou Répondre

    La douleur innommable de savoir qu’on ne sera jamais l’amour de sa vie, que malgré tous nos efforts, nous serons toujours le 2e sur le podium. Comment ne pas en vouloir à l’être adulé d’exister encore sur cette Terre? Comment ne pas en vouloir à notre bien-aimé de ne pas faire son deuil de son amour passé impossible? Et comment ne pas s’en vouloir d’avoir fondé une famille en sachant que la personne la plus importante dans notre vie ne nous considère pas de la même façon? Voguer entre ses envies de meurtre, de suicide et d’avortement pour un amour qui n’aurait jamais perduré. Quand j’ai appris que l’homme (que je croyais) de ma vie était toujours amoureux de son ancienne flamme impossible, j’ai passé à travers mille et une larmes. Le temps m’avait scellée à lui grâce à un bébé d’un an, une maison et un foetus en croissance. Je suis ressortie de ma torpeur meurtrie, mais tout de même vivante. Mon coeur s’est mal cicatrisé, si bien qu’un mur de glace s’est installé entre nous. Les câlins ont cessé, les mots d’amour, les regards complices. J’ai accepté de rester son numéro 2, de lâcher prise. Mon amour pour le père de mes enfants ne sera plus jamais le même. Mais au moins, ma famille ne sera pas éclatée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *