Ça prend un village pour élever un enfant, merci d’arrêter de ch*er sur le village

newborn with many hands

En tant que mère, tu passes ta vie à dire que les mères devraient arrêter de se juger entre elles, qu’il faudrait ben se soutenir au lieu de se rentrer dedans et que si tout le monde s’entraidait un peu plus, la vie de famille serait pas mal plus simple pis t’as ben raison parce que c’est vrai que ça prend un village pour élever un enfant. Mais si tu veux être conséquente avec ta ligne de pensée, ce serait pas pire que tu arrêtes de chialer sur le village.

Enceinte, quand les matantes t’abordent pour te raconter leur grossesse dans les années quatre-vingt et que les grands-mères veulent te taponner le ventre, ce n’est pas pour te faire suer; c’est parce que ta grossesse leur rappelle un moment heureux de leur vie et qu’en leur accordant une grosse minute de ta vie, tu égayes leur journée sans avoir à lever le petit doigt. Ces gens-là, même s’ils s’insinuent parfois dangereusement dans ta bulle, te veulent rien que du bien. Arrête donc de les regarder comme s’ils étaient porteurs de la lèpre. Pas besoin de jaser avec eux autres pendant trois heures et quart; un gros deux minutes suffit. Pis en bout de ligne, si tu restes ouverte d’esprit, les chances qu’ils te fassent du bien autant que tu leur en fais sont pas mal bonnes.

Nouvellement maman, ta belle-mère, ta mère, ta cousine, ta chum et même de parfaits inconnus y vont de leurs bons conseils. Tout le monde a une opinion sur la meilleure façon d’élever un enfant, ça te fait profondément suer et tu aurais bien envie de dire à toute cette bande de pas-de-vie qu’ils devraient retourner à la leur et te sacrer patience. Y’a rien qu’un bout que t’oublies. Ces femmes-là qui te conseillent à tour de bras ont elles aussi été de jeunes mamans et elles savent très exactement comment on se sent quand on débarque à la maison avec un nouveau-né sur les bras; c’est-à-dire, PERDUE. C’est pour ça que lorsqu’elles ont appris que t’étais enceinte, elles se sont intérieurement promis de ne pas te laisser tomber et de te faire bénéficier de leur expérience. Après, t’en fais ce que tu veux. Mais y’a du bon là-dedans. Penses-y avant de lever les yeux au ciel comme une préado emmerdée.

À la garderie, quand ton p’tit t’apprend que Mattis a été malade sur l’heure du dîner, tu capotes. Sans une once d’empathie pour cet enfant de trois ans qui se vomit maintenant le corps depuis vingt-quatre heures et sa mère inquiète à son chevet qui se demande si elle devrait l’emmener à l’hôpital, toi, tu te demandes quel mauvais parent peut bien envoyer son enfant malade au CPE et faire courir le risque à tous d’être contaminés par le nouveau virus qui court, hen ? Parce que forcément, ses parents, qui le connaissent comme le fond de leur poche, n’avaient pas le choix d’être au courant qu’il allait vomir à midi en le déposant à la garderie à sept heures, hen ? Juste pour être certaine, c’est bien toi qui parlais de jugement et de soutien entre parents ?

Au parc, quand un enfant est turbulent et bouscule le tien, le regard que tu lui lances vaut mille piastres. Si tu pouvais le tuer avec tes yeux, tu le ferais et tu réserves le même sort à sa mère qui n’a rien vu aller et/ou n’est pas intervenue. Quel genre de parent peut être aussi peu à son affaire et laisser son enfant faire des conneries à ce point-là, hen ? Parce que toi, bien évidemment, au parc, tu as ta progéniture en visuel 100% du temps et tu ne pars jamais visiter la lune deux ou trois secondes après une nuit entrecoupée par les cauchemars du plus jeune et la toux du plus vieux. À l’inverse, si, pendant un moment d’absence, tu ne vois pas ton p’tit faire une niaiserie et qu’une autre maman intervient (respectueusement) pour éviter que ça dégénère, tu t’emballes. De quoi elle se mêle, celle-là, hen ? Il ne faudrait surtout pas qu’elle apprenne une leçon qui pourrait servir toute sa vie à ton enfant. C’est tout à fait inconcevable.

On dit que ça prend un village pour élever un enfant et que toute bonne maman a besoin de l’aide d’autrui un jour ou l’autre. Merci de ne pas envoyer promener le village assez fort pour éviter de lui enlever toute envie de vous donner un coup de main le jour où tu vas lever le drapeau blanc.

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4 thoughts on “Ça prend un village pour élever un enfant, merci d’arrêter de ch*er sur le village

  1. Isabelle charlebois Répondre

    Excellent !! J’aurais aimé lire ca il y a 17 ans … Mais mon orgueil ou ma fierté déplacée eT innapropriée, eT inutile … m’a mené à ma perte. La vie est faite d’apprentissages … c’est la beauté de la chose !! 3 enfants une dépression et une séparation plus tard , je crois avoir un peu compris ?

  2. Alex Répondre

    Wow 100% en accord! Je lis tellement de texte qui s’indigne des commentaires sur les gens qui se « mêlent » de notre grossesse ou de nos bébés. Pourtant, j’ai toujours l’impression d’être choyée d’avoir des conseils (même s’ils ne sont pas toujours bon, l’impression l’est!) et surtout d’offrir un brin de bonheur à ses inconnus à l’épicerie ou aux « matantes envahissante».

  3. Anne marie Répondre

    C’est si vrai!!! Je me suis retrouvée seule avec un bébé a 19 ans …. sans maman à appeler ni même de mamie. Le petit peu de conseil qu’on m’a donnés à fait toute la différence….même que j’en aurais prit plus ! Seulement 11 ans plus tard et la société a déjà beaucoup changée … C’est chacun pour soi et “regarde ce que fait le voisin!”

  4. Marie-Ève Répondre

    J’apporterais un bémol… Oui, d’accord pour certaines choses, mais ce qui me chicotte avec les bons conseils de tous et chacun, c’est que si nous ne sommes pas d’accord avec eux pour une quelconque raison, alors là c’est nous qui se faisons juger. Par exemple, ma belle-mère, qui prend des décisions pour mon fils dans mon dos quand je n’ai pas été d’accord avec l’une de ses suggestions, pour ne nommer que cette situation. Je ne veux pas être de mauvaise foi, mais j’ai tellement vécu de mauvaises expérience jusqu’à maintenant (pas seulement avec ma belle mère) quand j’ai été en désaccord que je ne peux pas approuver ce texte à 100%. Tout est dans la façon d’apporter conseil. Si tu amènes ton conseil avec un ton de “moi, j’ai la science infuse” ou “moi je sais mieux que les autres”, alors attend toi à ce que la réceptrice soit réticente. Il faudrait aussi se mettre dans la tête que la personne peut bien choisir de prendre le conseil, ou non. Nous sommes parfois submergée d’information, parfois elles sont contradictoires, qu’il faut absolument faire un tri. Et surtout, se fier à notre instinct de maman. On peut accepter un conseil en disant, “merci, j’y penserai”, mais on peut aussi dire notre désaccord sans forcément se faire juger il me semble?

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