Quand le père de ton p’tit est en amour

kid waiting in window

Un jour, après de longues réflexions, discussions, engueulades et crises de larmes, tu as décidé de te séparer du père de ton enfant. Comme plusieurs, tu t’es dit qu’il valait mieux deux parents heureux mais séparés que deux parents ensemble qui passent leur temps à s’entre-déchirer.

Ce jour-là, tu as pensé à toi, mais également à ton ex. Parce que tu as pensé que lui aussi, il méritait mieux. Parce que comme papa, il méritait de s’épanouir en amour et de partager avec son enfant comme il fait bon d’être bien, seul ou à deux. Parce que tu lui faisais confiance comme parent et que, pour te consoler, tu as réfléchi aux beaux moments que ton enfant passerait en tête-à-tête avec son papa.

Il a fallu que tu t’écrases le cœur en sautant dessus à pieds joints pour te convaincre que c’était mieux ainsi, malgré le fait que tu devrais maintenant partager ton bébé, la chair de ta chair, entre deux maisons. Que tu devrais diviser ton temps avec lui, que tu ne lui tiendrais pas la main la moitié du temps et que tu devrais, un jour, laisser une autre l’aimer aussi.

Puis, c’est arrivé. Ton ex a commencé à partager sa vie avec une nouvelle femme. Malgré le pincement sournois de ton cœur, tu as ravalé la boule qui s’est installée bien  confortablement dans ta gorge et tu as pensé que ton bébé aurait une personne de plus à aimer.

Tu te trompais. Non seulement cette femme-là n’avait pas d’enfant, mais elle n’en désirait pas le moins du monde. Elle a pris le père, mais sa progéniture ne faisait pas partie du forfait. Ça a donc commencé avec une fin de semaine chez papa en moins. Puis, deux. Ensuite, des appels en moins, des activités en moins et de plus en plus de petites mains qui attendent, dans la fenêtre, de voir papa arriver.

Il l’aimait, elle. Et elle prenait tellement de place dans son cœur qu’il a dû écarter le reste, il faut croire. Et tu as eu envie de lui dire, bien des fois. Comment? Comment est-ce possible pour un père de délaisser son enfant, son précieux, au profit d’une nouvelle flamme? Comment allais-tu pouvoir l’expliquer à ton bébé, lorsqu’il te demanderait pourquoi papa ne vient pas le chercher pour la fin de semaine, une fois de plus?

Tu t’étais dit, bien naïvement que cet enfant, votre plus belle création, resterait votre priorité, à tous les deux, inconditionnellement et sans équivoque, pour toute la vie. Tu t’étais trompée. Alors tu as serré fort ton petit, en espérant que tes bras suffiraient pour le couvrir d’amour, en essayant de refouler l’amertume qui se faisait un nid au creux de ton ventre.

F.
F.

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