Ben oui, mon homme, ma charge mentale m’enlève le goût de baiser

woman refuse to have sex

Mon homme, il faut qu’on se parle.

Tu sais, la charge mentale là, ben oui, l’affaire de bonnes femmes comme tu dis. Ben parlons-en donc.

Tu sais mon homme, je t’aime beaucoup. Mais bien que mon amour pour toi et pour nos petits est inconditionnel, des fois, j’aurais le goût de sacrer mon camp dans le sud, dans un tout inclus qui plus est, pour m’exhiber fièrement en bikini, moi, mes vergetures pis mes seins mous. Dans mon rêve ultime de liberté, je me ferais peut-être même cruiser par un beau cubain qui sent bon et qui ne pète pas et on ferait l’amour comme des bêtes sur la plage. Sans même penser au risque de salir mon plancher en ramenant du sable dans mes bobettes.

J’y pense, des fois, genre deux fois par mois, quand j’ai le temps de penser à autre chose que l’épicerie à faire, les comptes à payer, les couches à acheter, les nombreux rendez-vous des petits (et même des tiens!), les vêtements à laver, à sécher, à plier, à ranger pis les poubelles à sortir (ah non, ça c’est ta job.. que tu fais des fois!)

Tu sais mon homme, mes journées sont folles. Il faut que je pense à aller livrer les petits à l’école et à la garderie parce que toi, tu commences trop tôt et tu finis trop tard. Il faut que je travaille mes journées comme toi. Oui, comme Toi. C’est pas parce je ne travaille pas avec une poche à clou autour du bide que je ne suis pas épuisée.

Ensuite, je dois faire le souper, nourrir, servir, laver les petits pendant que toi, tu relaxes sur le divan car tu es donc fatigué, en ayant pris soin, notons-le, de t’ouvrir une bière sans même m’en offrir et d’avoir enlevé tes bas que tu as pitchés À CÔTÉ du panier à linge.

Bien non, vraiment non, un coup que tout le monde est couché, je n’ai pas envie de faire des galipettes avec toi. Je suis frustrée, épuisée, et je ressens une totale injustice et le besoin intense de me faire cruiser par mon beau cubain.

En fait, j’ai rien qu’une envie, m’asseoir enfin quelque part, mettre la switch à off, penser à rien, ne rien faire. Juste être là, sans bouger, à profiter du silence. Avec comme bruit de fond, la laveuse, la sécheuse et le lave-vaisselle qui attendent juste que je m’en occupe… Encore!

L’épuisement total et les émotions négatives que je ressens à ton égard plus souvent que je ne voudrais font en sorte que ma libido disparaît. Elle se cache dans mon ancienne vie ou bedon dans la craque du sofa parmi les graines de chips, les Goldfish et tout plein de matières inconnues. J’essaie, dis-toi bien, de la retrouver.

Car nous, les mères, on se sent toujours coupables de toute. Alors, en plus de tous les petits tracas de la vie quotidienne, je me sens coupable de ne pas donner de sexe à mon homme. J’ai pas envie, je suis Bockée. Jammée bien dur dans mes pensées de planification alimentaire, de trou sans fin de lavage et de désir de mettre nos REER sur un billet d’avion aller seulement.

Je t’aime mon homme, je te trouve beau comme au premier jour, le désir que j’ai pour toi n’est pas mort. Crains pas. Je te veux. J’ai envie qu’on se donne de petits rendez-vous coquins dans notre chambre passé huit heures, qu’on se minouche sur le divan en mettant une playlist de blues cochons (pas trop fort, les enfants dorment!) pour enterrer le vacarme que font nos électros.

Faut juste que tu saches que tu ne peux pas faire comme les enfants en me harcelant avec de nombreuses demandes sans préambule. Tu peux pas te plaindre d’un manque de love si tu ne fais rien pour m’en donner envie.

Tu veux savoir comment faire? Écoute, je te donne une réponse clé en main.

Dis-toi que le jour où tu auras été chercher les enfants à la garderie, que tu les auras nourris, lavés, bordés et endormis (sans oser me dire que tu les as GARDÉS !) en m’ayant préalablement servi un petit verre de vino pour que je relaxe sur le divan, que tu seras venu à boutte du lavage et que notre toilette sera propre et que tu reconnaîtras enfin tout ce que je fais pour notre famille en mettant l’emphase sur le fait que je travaille AUTANT que TOI, je n’aurai pas envie de mettre ma switch à Off!

Parce tu auras su, vraiment, oh my god, me turner on.

Penses-y.

Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

4 thoughts on “Ben oui, mon homme, ma charge mentale m’enlève le goût de baiser

  1. Geneviève Répondre

    Il me semble qu’on ne parle plus seulement de charge mentale dans cet article, mais carrément d’un partage inéquitable des tâches… La fameuse charge mentale, c’est ce qui ne se voit pas, l’organisation, la planification, le fait que tout repose sur tes épaules. Mais un père qui n’est juste pas impliqué dans les tâches, ça dépasse le concept de charge mentale, selon moi.

  2. Joanie Répondre

    C’est là qu’on voit aussi nos différences hommes-femmes: les hommes font l’amour pour se vider l’esprit et les femmes doivent se vider l’esprit pour faire l’amour.

  3. Trackback: Mat | Pearltrees
    […] Ben oui, mon homme, ma charge mentale m'enlève le goût de baiser. Mon homme, il faut qu’on ... pearltrees.com/cynthiaemm/mat/id17560831/item211664066
  4. Bruno Répondre

    Dans mon livre à moi, on appelle ça une folle. Descend de ton petit monde de perfection et assis-toi pour prendre une bière avec ton chum. Le problème avec une folle, c’est que si on fait le souper, le lavage, la vaiselle pis le ménage, ça ne sera jamais fait au goût de madame, parce que y’a juste la madame qui est parfaite et veut qu’on fasse les tâches à sa manière et SURTOUT selon son horaire !!! Après ça on se demande pourquoi le 2 tiers des femmes sont cocues !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *