Une team, ça ne baise pas

family team

Quand toi pis ton chum êtes devenus parents, vous avez vite compris que vous étiez mieux de faire équipe si vous ne vouliez pas que votre parentalité ait raison de votre santé mentale.

Avec le temps, vous êtes devenus des pros de la routine des boires. Jour et nuit, vous n’aviez plus besoin de vous parler pour vous comprendre et avant même que votre bébé ait poussé son troisième cri strident à trois heures du matin, sa couche était changée et il avait un biberon dans le bec. Une team de feu.

Plus tard, vous êtes devenus des professionnels des matins pressés de semaine; pendant que l’un gavait le bébé de Pablum en greyant le plus vieux de Froot Loops, l’autre préparait les lunchs de tout le monde tout en mangeant une toast frette. Dix minutes plus tard, les enfants étaient attachés dans le char de maman, gracieuseté de papa, qui avait pris soin de garrocher les sacs de votre progéniture dans le coffre, le temps que tu barres la porte. Une équipe du tonnerre.

Le temps a aussi fait de vous des spécialistes de la course effrénée du soir. Pendant que papa allait chercher les p’tits à la garderie, tu revenais chez vous en catastrophe pour préparer le souper avant le cours de piscine de l’aîné. Vous vous tapiez dans la main à son arrivée, marquant le début de la phase du vidage des sacs à dos et des boîtes à lunch, pendant que l’autre entertainait les petits dans le salon avant que vous passiez à table, puis vous sortiez de table et vous vous donniez un bec sec juste avant que papa parte sur les chapeaux de roue à la piscine pendant que tu donnais le bain au plus jeune. Un duo parfait.

La fin de semaine, vous vous splittiez les matins de grasse matinée. Le samedi, c’était toi qui pouvais faire la grasse matinée jusqu’à sept heures et demie et le dimanche, c’était papa. L’un passait la balayeuse pendant que l’autre faisait le lavage et tout le monde participait aux sorties éducatives du samedi après-midi avec enthousiasme. Une famille modèle.

Y’a pas à dire; pendant des mois voire des années, vous vous êtes consacrés corps et âme à devenir une équipe d’enfer et vous êtes devenus une paire de parents exemplaires. L’affaire, c’est qu’aujourd’hui, c’est tout ce qu’il reste de vous, une équipe.

Une équipe, ça ne baise pas. Une équipe, ça ne french pas. Une équipe, ça se donne un bec sec dans le cadre de porte à huit heures moins quart le matin. Une équipe, ça s’écrase dans le divan pour écouter une émission plate quand les enfants sont couchés et ça ne se regarde jamais dans le blanc des yeux avec un semblant d’étincelle. Une équipe, ça perd l’éclat de sa complicité en l’absence des p’tits. Une équipe, ça ne prend pas de vacances des enfants pour s’envoyer en l’air dans un hôtel de Charlevoix une bonne fin de semaine de novembre. Une équipe, c’est aussi romantique qu’un souper en tête-à-tête sur le bord d’une autoroute un soir pluvieux.

Une équipe, c’est beau à voir aller pis c’est vital pour ta parentalité, mais ça a vite fait de piétiner ce qu’il y avait de beau pis de grand entre toi pis ton chum avant l’arrivée des enfants si tu la laisses prendre toute la place.

Qu’on se comprenne bien, de la place, y’en a pour tout le monde. Ne vous contentez pas d’être une bonne team toi pis ton chum pis redonnez à votre couple ce qui lui revient.

C’est fou de même, mais un bon jour, ça pourrait bien sauver votre équipe de la fin.

logo parfaite maman cinglante

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *