Fais-moi confiance, mon garçon

mother and son holding hand

Depuis ta naissance, je suis là pour toi. Pour combler tes besoins. Pour  panser tes bobos. Pour  ramener un sourire sur tes lèvres quand tu fais la baboune. C’est mon rôle de maman de veiller sur toi. De te rassurer en toutes circonstances.

Quand tu pleures parce que tu as mal, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, ça va passer. »

Quand tu as peur de sauter dans l’eau un peu froide de la piscine pas chauffée, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, je vais t’attraper. »

Quand tu hésites à me laisser partir le matin, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, je vais revenir. »

Quand tu regardes le dentiste, la bouche obstinément fermée, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, ça ne fera pas mal. »

Quand tu gardes les yeux grand ouverts, le soir, terrorisé par les monstres dans ta garde-robe, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, je vais te protéger. »

Quand tu as de la peine à l’idée de quitter tes amis, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, tu vas revenir jouer avec eux. »

Quand ta petite main s’agrippe à la mienne juste avant de faire ton entrée dans ta classe de maternelle, je suis là pour te rassurer : « Fais-moi confiance, ça va bien aller. »

À chaque fois, tu lèves les yeux vers moi et je vois que tu me crois. Je te vois, mon enfant, certes parfois un peu inquiet malgré mes paroles réconfortantes, prendre ma main et me suivre. À chaque fois, j’apaise ta peine et calme ton angoisse tout en essayant de taire mes propres craintes. Car moi aussi, j’ai peur, mon enfant. Peur du Bonhomme Sept Heures que l’on voit trop souvent aux nouvelles du soir. Peur qu’un chauffard ivre te renverse et te blesse sévèrement. Peur que tu tombes gravement malade. Peur que tes amis rient de toi méchamment. Peur que tu aies du mal à te relever de ta première peine d’amour. Peur que tu t’isoles pour broyer des idées noires.

Cette peur de te voir souffrir me donne parfois le vertige. J’essaie de ne pas me laisser envahir par mes doutes. Et surtout, de ne pas te montrer que ta maman qui se veut si forte pour toi, est aussi parfois toute petite et craintive face aux différentes épreuves que la vie lui envoie. Ce n’est pas tous les jours facile, mais je garde le sourire. Et je continue de te consoler.

Petit à petit, moi aussi, j’apprends à faire confiance. À faire confiance à la vie en général car je ne peux pas tout contrôler. À te faire confiance, car je ne peux pas t’envelopper de papier bulle pour te protéger de tout et que je sais bien qu’un jour, mes bras ne suffiront plus à te rassurer pleinement, complètement. En fait, j’espère qu’un jour, tu seras en mesure de trouver la force en toi pour continuer à avancer malgré ta peur de tomber. Et que si jamais tu tombes quand même en cours de route, que tu sauras te relever et poursuivre ton chemin sereinement.

Ce jour-là, je saurai que j’ai bien rempli mon rôle de maman.

Isabelle Millaire
ISABELLE MILLAIRE

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