Avant d’être maman

femme enceinte

Fiston a déjà trois ans et demi.

Avant d’être maman, on te dit d’en profiter. Si t’es considérée trop jeune, on te conseille d’attendre un peu, de profiter de la vie, d’avoir un emploi stable et même si on t’a dit quatre cents fois qu’un bébé ça change une vie et que ce n’est pas toujours facile, tu ne le comprends pas ou tu ne veux pas l’entendre, c’est selon.

Une fois que l’envie y est, d’avoir un petit monstre ange, plus rien ni personne ne peut te faire changer d’idée. Ton horloge biologique est jammée sur l’heure fécondation et ton utérus te clame haut et fort qu’il se sent aussi vide que ton compte en banque un mercredi à 11:59. C’est donc à ce moment-là (insérez ici le délai qui vous plaît, je ne veux surtout pas partir de débat sur le temps que le processus peut prendre! ) que cette étourdissante fabuleuse épopée commence.

La bedaine, le shower et la préparation à sa venue sont excitants. T’as tellement hâte de le voir ! Tu te dis que c’est pas long, neuf mois ? Effectivement. C’est court quand t’es sur une plage à Bora-Bora en buvant du champagne. Mais c’est interminable quand t’es enceinte, grosse, privée de tartare, de sushis et d’alcool. J’te confirme. Après plusieurs semaines que tu croyais sans fin vient la délivrance. Ce moment ultime où plusieurs émotions envahissent ton petit cœur qui n’avait jamais aimé aussi fort. En passant par la peur, parce que là, tu comprends enfin ce que tout le monde te disait. Tu peux aussi ressentir une forte nausée, mais ça, c’est pas en lien avec ton bébé, ça a l’air que ça arrive parfois de vomir ta vie après tant d’efforts pendant que ton docteur est en train de coudre une courte-pointe aussi appelé ton-vagin.

La première semaine après la naissance, plus communément appelée semaine d’adrénaline-zombie, tu apprends à connaître bébé et à te familiariser avec ton rôle de mère si c’est ton premier. À la semaine deux, l’adrénaline a déjà crissé son camp et tu deviens un simple zombie de fatigue.

Finalement, tu te retrouves trois ans et demi plus tard, à siroter ta bonne bière un vendredi soir (on a plus les vendredis qu’on avait), fiston au lit, mais qui te réclame pour la cinquantième fois pour de l’eau, un pipi parce qu’il a trop bu d’eau et un bisou – même s’il en a déjà eu huit cents –  que tu vas quand même aller lui donner parce que ça fait mal à ton cœur de mère de lui dire non. Et pendant que tu penches vers lui, il te lance, le plus cutement du monde : « Tu es belle maman, merci pour le bisou, je t’aime ! ».

À ce moment-là, tu sais que toutes les crises, les larmes, les profondes inspirations que tu as prises pour ne pas pogner les nerfs depuis ces presque quatre dernières années en ont valu le coup. Et que tu ne regrettes rien de ta vie avant d’être maman.

Sauf peut-être le samedi matin, quand t’as trop bu de vin cheap la veille et que fiston se lève à 5:45, avec ses doigts dans tes yeux en criant : « Lèèèève-toi maman je veux écouter Caiiiiiiillllooouuuuuuuuuuuuu !!!!! ».

Marie-Hélène Tremblay

     MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY


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