Je sais ben que c’est pas facile la vie, fille

crying mother with baby

Fille, faut qu’on se parle. La vie a tellement l’air difficile pour toi. À t’entendre parler, on dirait vraiment qu’elle s’acharne sur toi. Bien que tu as eu ton lot de complications depuis un bout et que les conseils ont sûrement plu de part et d’autres, j’aimerais bien que tu m’écoutes un petit moment parce je pense que j’ai quelques chose d’intéressant à te dire.

La clé pour sortir de ta misère, je l’ai : fais les bons choix.

Tu sais, je suis un peu tannée épuisée de t’entendre te plaindre à longueur de journée quand je sais pertinemment que si t’es là, les deux pieds dans la marde bien, c’est de ta faute. Je veux bien croire que parfois, on ne peut pas tout contrôler, que le monde extérieur nous garroche parfois des petites crottes ou des gros tas mais bon, il y a un paquet de bouette qui t’entoure que tu pourrais clairer si tu le voulais vraiment.

Je te vois aller, à compter tes cennes de craques de divan à la fin du mois pour réussir à acheter une pinte de lait, mais je vois aussi que ces craques-là proviennent d’un divan en cuir, pas du faux là, du vrai de vrai qui te coûte la modique somme de 125 $ par mois pour je ne sais pas combien d’années.

Je te vois, au boulot, pas trop en forme, en retard dans tes dossiers, à te plaindre que tu n’y arriveras jamais, que la vie va trop vite. Pourtant, je ne te vois pas courir, je ne te vois pas arriver à l’heure le matin et je ne te vois surtout pas manger en vitesse un grilled cheese pas grillé devant ton ordinateur le midi. Je te vois sur ton compte te snapchatter à tout vent et à toute heure, le regard enivré à fuir tes responsabilités et ce à tous les jours qui finissent en « I » et même encore…

Tu me parles souvent aussi de ton chum qui ne te prouve plus son amour, du fait qu’il te  trompe sans bon sens, qu’il te ment, qu’il te dit des mots pas super toujours gentils, qui mange tes soupers qui sont préparés avec amour en laissant son assiette sur la table du salon, tu sais, juste à côté de ses bas sales. Et en plus, il repart avec TON lunch le lendemain matin. Mais je ne te vois pas le quitter, toi qui es libre, sans maison, sans enfant. Je ne te vois pas non plus lui rendre la monnaie de sa pièce, arrêter de le torcher ou tout simplement lui signifier tes besoins. Bien non, tu subis, sans rien dire, en tout cas à lui. Parce qu’à moi, tu dis tout.

Tu peux subir tant que tu veux ma belle, mais tant et aussi longtemps que tu ne feras rien pour te sortir de ta marde, tu resteras dedans et sans doute qu’elle augmentera de jour en jour, jusqu’à ensevelir pour toujours ton si joli sourire.

Je veux bien croire que la vie c’est dur, que parfois c’est vraiment difficile de se lever le matin et qu’il y aurait un million de choses que tu préférerais faire au lieu de faire face à tes responsabilités. Mais tu sais quoi ? On est tous comme ça! Sauf que nous, on se botte les fesses, on revêt notre armure à marde et en faisant les bons choix, on fait du ménage.

J’aimerais ça parfois avoir une baguette magique, t’en donner un petit coup sur la tête (et m’en donner une couple à moi aussi) en te récitant la formule du bonheur. Mais ça n’existe pas. Désolée.

Anyway, ce n’est pas moi, ce n’est pas ta mère, ton chum, tes amies, name it, qui vont faire en sorte que tu te baignes dans le bonheur à toute heure. La seule personne qui puisse faire en sorte que ta vie aille bien, c’est toi-même. Mais va falloir que tu travailles fort, je te le dis tout de suite.

Arrête de te plaindre et de te complaire dans ta marde.

À force, on va penser que t’en es toi aussi.

Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

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