Tu rêves juste d’une semaine sans enfants

man and woman in bed

Tu es juste une mère indigne qui rêve d’être une semaine sans ses enfants.

Juste une petite semaine sur les cinquante-deux de l’année. Pour renouer quelques jours avec ta vie d’avant. Pour savourer consciemment le bonheur simple d’occuper ton temps comme tu le veux en rentrant du travail. Pour t’affaler sur le canapé si ça te chante, téléphoner à qui bon te semble pour papoter quarante-cinq minutes si l’envie te prend, t’enfiler un paquet de chips entier sans te cacher, manger sur le coup de vingt et une heures si le cœur t’en dit. Pour jouir du plaisir infini de souper dans le calme et d’entretenir une conversation non interrompue trente-huit fois avec ton homme. Pour pouvoir débarrasser la table sans devoir briquer les chaises et le sol après chaque repas. Pour profiter du luxe de pouvoir sortir à l’improviste, sans devoir rien organiser à l’avance ni prévenir qui que ce soit.

Le matin, pour prendre le temps de te pomponner et de choisir ta tenue du jour sans te soucier d’autre chose que de ton apparence. Sans le stress que représente le challenge d’habiller, faire manger et attacher tes enfants dans la voiture. Pour avoir le luxe de partir pour le travail si légère que tu auras l’impression de voler.

Le weekend, pour dormir tout ton saoul et te réveiller à 10h30. Pour pouvoir faire l’amour LE MATIN. Pour t’étonner du calme ahurissant régnant dans la maison et constater avec délice que les jouets patientent bien à leur place dans le coffre depuis le début de la semaine. Pour manger des tartines en surfant sur la toile jusqu’à quatorze heures. Pour rien faire du tout, ou faire des trucs pas enfants-compatibles comme te prélasser dans un spa, manger dans un resto chic, aller voir un film pour plus de douze ans.

Le dimanche soir, avoir le cœur gonflé de joie en serrant fort tes petits retrouvés. T’étonner du bien fou que t’auras fait cette pause sans eux alors qu’ils t’auront manqué à chaque instant.

Pour l’heure, tu le sais, c’est un rêve impossible. Parce que tu n’es pas une maman en garde partagée. Parce que t’as tellement de marmots que tu saurais pas à qui les refourguer. Parce qu’ils sont trop petits. Parce que tes parents sont trop occupés, trop éloignés, malades ou plus là. Mais les temps changent parfois plus vite que ce que l’on croit. Patience, chère mère indigne, ton doux rêve finira bien un jour par se réaliser.

Maman Louise
MAMAN LOUISE

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