La maternité : toutes ces choses dont on ne t’avait pas prévenue

tired mother with baby

Chère maman,

On ne t’avait pas prévenue que dès la naissance de ces magnifiques petits êtres, tu serais reléguée à la dernière loge de ta propre vie.  T’sais, la loge pas trop cute dans le fin fond du couloir. Ben oui, celle-là même sur laquelle ne figure aucune étoile encore.

On ne t’avait pas prévenue que plus jamais tu ne passerais la première au sein de ton propre foyer dûment créé et aménagé par ton magnifique petit chum et toi-même.

On ne t’avait pas prévenue que ce serait toi la grande gagnante (et ce tous les soirs) du bain frette après que les deux enfants et le chum aient agréablement patauger dans une eau extrêmement chaude et relaxante remplie de bulles.

On ne t’avait pas prévenue que ce serait toi qui hériterais du dernier popsicle pas mangeable dans le congélo (considérant même que c’est le premier que tu prends dans la boîte). Et ceci n’est qu’un exemple des nombreuses fois où tu as hérité du dernier item de la boîte d’une très longue liste de choses.

On ne t’avais pas prévenue que tu ne magasinerais plus jamais pour ton me, my self and I, mais que tu dépenserais le plus clair de tes payes pour ta marmaille et ton homme. Qu’à cela ne tienne, ton petit jeans du secondaire fait encore ben masqué sous ton gras de ventre.

On ne t’avait pas prévenue que tu serais celle qui frotterait la maison de six heures le matin à une heure de l’après-midi et dont personne ne remarquerait l’ouvrage, même pas ton homme.

On ne t’avait pas prévenue que tu deviendrais un agenda sur deux pattes, capable de réciter l’horaire de la semaine prochaine  (en ordre alphabétique pis toute !) sans oublier un seul rendez-vous, une seule activité ou encore un seul paiement qui passe dans le compte conjoint. Juste avec ça, tu mériterais un salaire de secrétaire.

On ne t’avais pas prévenue que ce serait toi la mère qui se lèverait durant ton super souper fondue en famille  pis qui changerait le petit plein de merde bord en bord puis qui retournerait s’asseoir devant son assiette frette et qui se délecterait plus tard en se lichant les mains de sauce.

On ne t’avait pas prévenue que c’était si intense d’être maman. On ne t’avait pas non plus prévenue que tu allais plus d’une fois porter ta famille à bout de bras. Que ton mental et ton physique allaient inévitablement en pâtir un brin et que tu allais vivre toutes sortes d’émotions à l’intérieur d’une même minute.

Il y en a des millions de choses que l’on ne t’avait pas dites, fille. Des millions de choses desquelless on ne t’avait pas prévenue,  mais veux-tu, je vais te dire quelque chose.

On ne t’avais probablement pas non plus prévenue que ce serait le plus beau rôle de ton existence. Le plus beau film dans lequel tu auras jamais tourné.

Car malgré le fait que tu te sens reléguée au dernier rang de ta propre vie, tu joues nécessairement et ce sans l’ombre d’un doute, le rôle principal de l’existence de toute ta petite famille, celui qui rapportera le trophée du meilleur long métrage dans quelques années.

Les Oscars n’ont qu’à aller se rhabiller, c’est toi la vedette de l’année fille ! C’est toi, la star, la mère.

 

 

Josiane Francoeur
JOSIANE FRANCOEUR

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