Toi pis tes commentaires virtuels

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À toi, le parent qui commente allègrement sur les réseaux sociaux, j’ai un défi à te lancer. Si aujourd’hui, on s’assoyait avec nos enfants, et qu’on leur permettrait de fouiner dans toutes nos récentes interventions virtuelles? Allez, on joue franc-jeu, on ouvre les livres! Il n’y a rien là-dedans dont on devrait avoir honte, right?…

Toi, qui insultes, diminues, te moques allègrement : comment justifierais-tu ce comportement devant ton enfant? N’as-tu pas pourtant proclamé haut et fort que le respect était la valeur numéro un que tu souhaitais lui transmettre?

Toi, qui prends le temps d’écrire à une personnalité connue que sa robe d’hier lui donnait l’air dix ans plus vieille ou sa coiffure quinze livres plus grosse : comment peux-tu espérer apprendre à un enfant à accepter et respecter son corps, et ne pas juger ceux des autres?

Toi, qui lis un billet et qui y vas d’un simple ‘’Article de marde, ça!’’, avant de passer ton chemin : comment apprendras-tu à un enfant à formuler une opinion, à étoffer son point de vue et à argumenter?

Toi, qui pollues les sites de nouvelles de commentaires racistes, sexistes, et haineux éhontés, sans aucune nuance ni compassion : c’est comme ça que tu espères réussir à élever un enfant ouvert de cœur et d’esprit?

Toi, qui envoies des photos non sollicitées de tes parties génitales comme entrée en matière à de purs inconnus : montrerais-tu fièrement ça, sans honte,  à ton ado qui en est à ses premiers pas dans le monde de l’amour et de la séduction?

Toi, qui prends des captures d’écran de posts qui ne te sont nullement adressés, ou qui prends en cachette des photos d’inconnus dans des lieux publics, puis les partages hypocritement en privé à d’autres personnes dans le seul but de rire un bon coup : quand ce sera ton enfant qui sera ainsi ridiculisé, quand ses paroles ou son corps seront semés à tous vents hors de leur contexte pour amuser la galerie, riras-tu toi aussi?

Toi, qui martèles ton clavier de mots comme ‘’méchante folle’’ ou ‘’criss de mongole’’, accepterais-tu que ton jeune utilise un tel vocabulaire envers un camarade de classe (ou envers quiconque)? Non? Alors pourquoi, toi,  te le permets-tu?

Toi, qui t’actives chaque jour sur les réseaux sociaux, tu élèves un enfant, un futur citoyen, un futur conjoint, un futur collègue, un futur voisin, un futur parent. Et ainsi, par chacune de tes paroles, par chacun de tes gestes, tu es censé représenter en tout temps, pour lui,  L’EXEMPLE.

Et puis? L’es-tu?

Pense à ça.

Mélissa Brassard
MÉLISSA BRASSARD

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