Les poux : ton cauchemar

cheveux

Ils arrivent en gang, sans prévenir. Ils collent, ils ne veulent pas partir. Ils sont vraiment similaires aux beaux-parents, aux mononcles cochons et à la visite qu’on ne veut pas voir un vendredi soir. Ou bien jamais. Ils donnent du trouble, ben du trouble. Je parle des poux.

Tu enseignes l’amour, le partage, la fraternité, l’esprit d’équipe à tes joyeux bambins? Tu te réjouis qu’ils se soient fait plein de petits amis à la maternelle? Parce qu’on se le dise, la crainte principale d’une maman est que son enfant soit ridiculisé, rejeté, victime d’intimidation…Petit bémol ici.

Question câlins et bisous, si ton enfant est champion et a par surcroît une ribambelle d’amis, il augmente exponentiellement ses chances de ramener à la maison ces joyeuses bibittes de têtes. Les superpoux habitent le milieu scolaire parce que les enfants sont réputés pour s’aimer allègrement et démontrer leur amour fraternel inconditionnel par la multiplication d’accolades démonstratives certes, mais aussi et surtout parce qu’on leur y apprend à partager et à s’asseoir vingt-cinq sur un banc en bois qui est clairement conçu pour en accueillir dix. Et aussi parce que les crochets sont parfois à moins de dix cm l’un de l’autre et doivent accueillir les vingt morceaux de l’habit d’hiver réglementaire.

Mais qu’on se le dise, les poux ne sont pas rentrés chez vous parce que t’es une mauvaise maman. Tu n’as rien fait de mal. Tu fais partie du 90% des bonnes mères de famille qui prendront l’appel de la secrétaire, de la prof, de l’éducatrice, de l’infirmière du CLSC – name it – la mine basse et se dirigeront à la pharmacie la plus proche le plus rapidement possible et feront le traitement de façon religieuse et rigoureuse à toutes les têtes de la maisonnée. Tu en mettras évidemment plus que moins, suivras les instructions à la lettre et utiliseras tous les instruments recommandés : lampe à néon, peigne fin, fer plat, pince, et bière.

Beaucoup de bière. Car pendant dix-sept jours minimum, tes 5 à 7 prendront l’allure d’un salon de coiffure et tu culpabiliseras parce que tes bambins regarderont la télé deux heures par jour au lieu des deux heures par semaine recommandées. Brassée à l’eau bouillante, sécheuse haute température – toute la maison y passera et ce, à plusieurs reprises. Sans oublier l’isolation massive de toutous et pleurs relatives subséquentes.

Tu n’auras pas l’humeur à ça, mais pas pantoute. Car tu viens d’hériter d’un deuxième emploi à temps plein pour lequel tu n’as pas postulé et n’a définitivement ni formation, ni aptitudes ou expérience requises.

Ensuite, tu tenteras de trouver un coupable à la multiplication de tes chers insectes. Ces coupables en question ne crieront pas leur erreur sur tous les toits. Je parle de ceux qui voient des mouches sur les cheveux de leurs filles ou qui confondent lentes et pellicules. Ceux qui pensent économiser en divisant la bouteille de traitement entre les 6 membres de la maisonnée ou ceux qui prennent ce fléau à la légère. Ceux qui ont peur de voir leur compte d’Hydro monter en flèche – oh oui ça coûte cher, les poux! – Ceux qui ont honte et ne disent pas que leurs enfants ont des poux de tête et contaminent une légion.

Alors tu vas faire un Vidal Sassoon de toi-même, retrousser tes manches et éliminer chaque membre de cette foutue visite impromptue un par un. Armée jusqu’aux dents tu te battras jusqu’à la fin du combat. En espérant qu’un tel combat ne se répétera pas de sitôt.

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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