À toi, la mère qui est retournée sur les bancs d’école

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Aujourd’hui, j’ai le goût de te parler, toi, la mère qui est retournée sur les bancs d’école.

T’as hésité pendant des années, malheureuse comme les pierres, derrière ta hotte de fastfood tantôt un mardi après-midi, tantôt un jeudi soir pis un dimanche matin. Toutes les fois où tu envisageais lever les voiles pour mettre le cap sur un avenir meilleur, le cœur te fendait en mille en pensant aux sacrifices que tes enfants devraient faire. À tous les après-midi au parc que t’allais manquer pour étudier. À tous les spaghettis que vous alliez manger. À tous les cadeaux moins gros que t’allais leur donner à Noël devant leur petite face déçue de ne pas avoir la nouvelle console de jeu dernier cri.

T’as hésité pendant des années, en anticipant l’horaire familial qui serait pu casable. À tous les cours de soccer que tu devrais annuler. À ton chum qui devrait changer d’horaire pour aller chercher les petits à la garderie. À tous les retours à la maison encore plus précipités qu’ils ne l’étaient déjà. À la course pour coucher les enfants pour avoir le temps de faire tes lectures. Aux émissions que t’allais leur mettre en boucle pour avoir une heure de paix pour finir un travail long. Aux mercredis soir pas de gardienne où t’allais devoir faire des travaux d’équipe.

T’as hésité pendant des années, en te disant que t’étais pas bonne. Que l’école c’était trop dur pour toi. Que t’étais trop vieille. Qu’on rirait de toi. Que t’échouerais au bout de tes efforts pis que tous les sacrifices que tu avais faits n’auraient servi à rien. Que tu devais être née pour un petit pain pis qu’il te restait plus qu’à t’étouffer avec.

T’as hésité pis un bon matin, t’as explosé et avec un courage sorti tout droit de tes tripes, t’as pris le taureau par les cornes pis tu l’as fait. T’as dit bye-bye-boss, tu t’es retournée vers le programme accéléré en administration que tu zieutais depuis des mois pis t’as sauté.

Tout s’est passé comme prévu. T’as couru. Beaucoup. T’as manqué plusieurs sorties au parc. Ben des moments en famille qui ne repasseront plus. T’as plogué les enfants sur la télé plus souvent qu’autrement pour finir tes travaux. T’as pleuré. Souvent. Parce que tu pensais que tu n’y arriverais pas. Malgré le support de ton chum. De l’école. De tes amies.

Mais t’es passée à travers. C’est comme si tout s’était emboîté. Et avant même que tu le réalises, tu te tenais là, debout, avec ton diplôme pis l’horaire de ta première semaine de job en main. Ta première job du lundi au vendredi de huit heures à quatre heures. La job qui te permettrait enfin de vivre au même rythme que tes enfants qui te regardaient avec des étoiles dans les yeux à ta remise de diplôme.

Parce que tu venais de réaliser ton rêve et de leur apprendre qu’avec des efforts, ben des efforts, ils pourraient aussi réaliser les leurs.

À toi, la mère qui est retournée sur les bancs d’école, je te lève mon chapeau. Je pense que le monde a ben à apprendre de toi.

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