Les 5 types d’invités post-partum

porte d'entrée

J’ai l’impression qu’il devrait exister un genre de code d’honneur des visites post-partum. Un document qui serait dans toutes les tables de nuit des chambres d’hôpital de ce monde, dont l’édition originale serait l’objet de plein d’interprétations mystiques et dont l’objet serait de dresser les lignes directrices des visites post-accouchement. Mais y’aurait toujours quelqu’un qui l’aurait pas lu, bien entendu, et qui se présenterait la face sous l’un des cinq types d’invités postpartum.

Le pressé

Commençons par toi, la personne qui met la pression pour venir voir le nouveau venu dès l’annonce de la mise bas. T’as beau te faire dire que c’pas le bon moment, que la famille tente tant bien que mal de se placer, tu reviens à la charge avec la régularité d’un réveil sur snooze. Pis dès que tu as les pieds dans la maison, tu y vas de commentaires tous plus pertinents les uns que les autres. Le ménage pas fait, les bagages pas défaits, les plus vieux qui sont turbulents  (Mah ! Je viens de leur pitcher en pleine face un nouvel humain qui fait rien d’autre qu’hurler et prendre toute mon attention. Tu réagirais comment, toi ?), sans oublier le commentaire sur mon apparence. J’ai les traits tirés. Vraiment ?

Le presque-parfait

Y’a aussi le presque parfait. On est content de te voir, parce que tu amènes à manger (yeah, un souper que j’aurai pas besoin de faire!), tu passes une heure, c’est l’idéal. T’es relax, tu te laves les mains avant de prendre le bébé (re-yeah), t’es pas regardant sur mon apparence, tu pousses même la presque-perfection au point de jouer une bonne demi-heure avec les plus vieux. Pis tu pars. La cuisine a l’air de Sarajevo. J’en ai pour une heure juste à ramasser après toi. T’as même pas pensé mettre ton assiette en papier dans le grand sac en papier du repas que t’as apporté. Comment un repas de rôtisserie peut autant foutre le bordel dans une si petite cuisine ? Mystère et boule de gomme, mais ça, ça m’aide pas.

Le pas fiable

N’oublions pas le pas fiable, toi qui confirme ta présence deux jours d’avance, mais qui te pointe avec quatre heures de retard. Quand tu arrives, comme si de rien n’était, tu t’attardes pendant des heures! Woooo menute papillon! J’ai passé le balai pour ta visite présidentielle, mon ami, et il t’est pas passé par la tête que ton retard allait être lourd de conséquences ? Ça fait que je passe le reste de ma journée avec des enfants habités d’une énergie digne d’un ado sul’ speed à sa première Saint-Jean, parce que, bien entendu, mon ami s’est pointé PILE à l’heure de la sieste. Sieste qui se retrouva donc repoussée à une date ultérieure, soit jamais.

L’Invité

Et toi, l’Invité avec un grand I. Tu ne te contentes pas de venir diner ou souper, nenon-toi! Tu débarques pour la fin de semaine ! Pis il faut je te nourrisse ! Que je lave ton lit ! Que je lave la salle de bain du sous-sol! Parce que tu veux voir mon nouveau bébé de dix jours. Quand tu repars, je suis encore plus fatiguée qu’avant ton arrivée, pis c’est pas à cause de mon bébé, mais parce que c’est pas tout, faut aussi t’entertainer et aller avec toi magasiner le cadeau de naissance de mon propre enfant.

Le VIP

Terminons avec toi, le VIP, qui entre chez moi comme si tu étais chez toi, qui n’enlève pas tes souliers, qui mets ton manteau sur mon lit et qui me regarde avec insistance allaiter. T’es probablement le plus cute, parce que si t’as ce standing de VIP, tu dois être un habitué de la place. Tu prends mon bébé dans tes bras avec la même aisance que si c’était le tien. Y’a aussi des chances que tu t’autoproclames parrain ou marraine pis ça me va parce que je t’aime, t’sais, pis que je te connais depuis qu’on est nés. Ta présence me réconforte, même si elle sert pas à grand-chose. T’es un peu comme une doudou, t’es la visite la plus souhaitée.

Je pense que le mot de passe pour entrer dans un foyer qui vient d’accueillir un nouveau-né devrait être : souper-santé-cuisiné-pour-vous-que-je-mangerai-pas-ici ou donne-moi-une-brassée-à-plier-pis-où-tu-caches-la-balayeuse. Parce qu’on veut vous voir, vous présenter notre nouvelle acquisition, spreader l’information que la mise-bas a bien été, mais idéalement ça serait bien qu’on se retrouve pas encore plus dans le jus et misérables à votre départ qu’à votre arrivée.

P.S.: toute ressemblance avec des vrais humains est puuuuuurement fortuite, j’ai pris soin de m’arranger pour pas que tu te reconnaisses, matante Sylvie!

 

Michèle Tousignant

     MICHÈLE TOUSIGNANT


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