Ta première crise à l’épicerie

enfant panier épicerie

Tu as déjà entendu le terme « Terrible Two », mais ça ne t’énarve pas ben ben. Ou tu n’y crois pas vraiment parce que tu ne veux pas étiqueter les enfants inutilement. Après tout, comment est-ce possible que ce petit chérubin que tu berces dans la lumière duvetée de la lune bienveillante se transforme en monstre rougeâtre dégoulinant de morve et de pleurs hystériques? Les autres parents savent ce qui t’attend et veulent te prévenir, mais tu ne les crois pas réellement. Est-ce que c’est SI pire que ça? C’mon…ils exagèrent.

Et comme de fait, du jour au lendemain, le p’tit a brusquement décidé qu’il ne voulait pas se faire changer de couche et vous l’a exprimé avec un subtil coup de pied au menton. Mais tu n’as pas encore réellement goûté au « Terrible Two » . Tu penses que c’est un grognement ici et un « non » bien sonné par-là, une phase normale quoi!

Alors donc, un beau matin,  le p’tit tourne en rond et insiste pour se mettre un soulier sur la tête et, réalisant qu’il n’est pas capable de le faire tenir, le lance avec force sur la table basse. Oups! Incertain, tu lui dis que « non mon chéri, on ne lance pas les choses » et tu crois que ça va rester ainsi, mais le p’tit te fixe drette dans les yeux, marche jusqu’à son autre soulier et le lance également. Oh it’s on bitch. Banalement, tu te dis: « J’vais aller acheter des petits trucs à l’épicerie, ça va nous changer les idées. Ça va faire du bien au p’tit. »

Une fois à l’épicerie, le p’tit réclame le super panier d’épicerie en forme d’auto de course avec des flammes brillantes peinturées sur le côté, un klaxon qui joue les Canons de Pachelbel et un moteur vrombissant qui fonctionne réellement. Comme tu es compréhensif, tu prends ledit panier tout en sacrant intérieurement parce que y’en avait pas des paniers comme ça quand tu étais jeune pis ce n’est pas juste. Tu l’installes avec aisance derrière le volant et il te remercie en te sacrant une claque dans la face. Involontaire bien évidemment. Ou pas. Tu l’ignores pour le moment.

Tu poursuis ton périple par-delà les allées colorés, tu évites judicieusement la rangée des céréales et tu te félicites pour ta rapidité d’esprit. Le reste est sans incident réel. Le p’tit insistait pour mâchonner la barre de métal et tu as dû le retenir de force par la tête pour ne pas qu’il lèche les vieux résidus de vernis à ongles qui se trouvaient dessus. Rien de bien bien grave. Tu te dis que tu es un adulte, que tu es capable, que c’est TOI le parent. Tu arrives à la caisse, ton panier bien plein de produits frais et sans gluten parce que tu es un bon parent qui va préparer une quiche courgette et choux de Bruxelles et non des Pogos réchauffé au micro-ondes pour le souper.

Alors que tu places tes articles sur le tapis roulant à la caisse, le p’tit insiste pour descendre du panier. Tu hésites, mais tu l’fais pareil. Tu le déposes et vos regards se posent simultanément sur l’étagère de bonbons et tablettes de chocolat et cinquante millions de trucs colorés et attrayants. Le p’tit te regarde, le défi ben brillant dans le plus profond de ses beaux grands yeux.

Ça y est. C’est le moment. Tu le sens venir. Il va te demander d’avoir quelque chose et toi, en bon parent, tu vas dire non. Effectivement, le p’tit attrape la barre de chocolat Reese (excellent choix) pis annonce:

« La veux. »

« Non mon grand. Remets-ça. »

« La veux. »

« Petit Pou, j’ai dit non. »

« LA VEUX! »

Arrive ici deux options : soit que tu attendes patiemment que le p’tit fasse sa giga, méga, ultra crise devant la population entière du IGA pis que tu repartes sous les regards accusateurs OU tu swingnes le p’tit sous ton bras comme une poche de patate, tu pitches une couple de 20 piasses à la caissière, tu pognes ce que tu peux (oublie pas le vin cheap, ton carburant pour passer au travers le reste), pis tu sacres le camp au plus vite.

Comme c’est la première crise, Dada te suggère la première option, qui est un mal nécessaire que tous les parents devraient vivre au moins une fois. C’est long, c’est humiliant pis ça te montre la réalité en face. Et si tu es inquiet des réactions de la p’tite caissière ou les autres parents autour qui te jugeront du regard ou partageront des murmures complices, je te suggère le « c’pas tes maudites affaires » tout en ouvrant la bouteille de vin cheap pour en boire de grandes lampées live alors que ton p’tit se débat sur le plancher comme un être possédé par le démon. #parentingiseasy!

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