Le sucre : cet effroyable ennemi à abattre

maman cinglante fille assiette bonbons

Avant, on chassait l’original. À c’t’heure, on chasse le sucre, cet ennemi numéro 1 à tirer à vue. Là, je te le dis tout de suite, laisse faire tes histoires de bon pis de mauvais sucre. Moi, je te parle de chocolat, de gâteaux pis de bonbons, pas du sucre plate dans tes bananes pis tes Granny Smith.

Je vais pas essayer de te convaincre que le sucre c’est bon. Tout le monde s’époumone tellement fort à nous dire le contraire à l’année longue en nous montrant des photos d’artères bouchées pis d’obèses morbides que ce serait ben mal venu de ma part de m’élever contre la saine alimentation. Mais on peut tu prendre notre gaz égal ?

Le sucre, c’est devenu le punching bag de la santé. Les Froot Loops ont été reléguées de déjeuner, à collation, à dessert sucré et menacent d’être extradées sur une autre planète dans un avenir rapproché pis je te parle même pas des Lucky Charms. L’OMS doit être sur le bord de déclarer que ses guimauves sont radioactives. Plus de compotes en sachet dans les boites à lunch. Les barres tendres avec du chocolat c’est le diable pis y’a sûrement une diététiste quelque part qui est à veille de nous recommander de rincer nos petits gâteaux Vachon pis nos palettes de chocolat.

Je ne te servirai pas le classique moi-j’en-mangeais-quand-j’étais-jeune-pis-j’suis-pas-morte parce que je mangeais aussi de la colle blanche pis du gazon et c’était pas forcément l’idée du siècle même si je suis top shape aujourd’hui. Reste que même si le sucre a le dos large, il y a des limites à le beurrer. Ça fait que, pour adoucir sa peine, j’ai décidé de lui donner un break.

Tu fais sûrement partie de la totalité de la population qui pense que le sucre excite les enfants. Ben, j’ai le plaisir de t’apprendre que c’est totalement faux. Si tu ne me crois pas, je te suggère fortement de consulter un pharmachien qui te confirmera toute l’affaireExit l’argument : « Je te donnerai pas de bonbons avant de te coucher, tu dormiras pas. » Le sucre ça excite pas le corps, ça excite l’enthousiasme du petit mangeur. T’étais pas énervé, toi, quand ton père t’amenait manger une crème molle le dimanche soir dans notre temps ? Same thing pour tes enfants. C’est la rareté qui crée l’énervement. Si tu veux tester toute la véracitude de ma théorie, amène ta légion manger une crème molle tous les soirs pendant deux semaines. Normalement, au jour 5, ils devraient commencer à trouver ça pas mal moins exotique et se calmer le pompon. Ça se peut aussi qu’ils se plaignent de maux de ventre, qu’ils fassent des cacas mous et qu’ils prennent deux ou trois livres. Mais ça, c’est les dommages collatéraux de la science.

Le sucre, c’est un peu comme le gras pis l’alcool. Je sais pas qui a déterminé que tout ce qui était bon pour l’âme était foncièrement mauvais pour le corps mais si je le retrouve et que je l’attache après un arbre, j’aimerais ça que tu participes et que tu lui tires des roches avec moi. Oublie pas que c’est à cause de lui que tu peux pas manger une poutine extra fromage sans ressentir un vif sentiment de culpabilité ou finir un pot de crème glacée sans te pogner le mou de ventre. Ça attise la haine, ça, hen ?

Je m’emporte.

Reste que le sucre a pas juste des défauts et tout parent hypocrite émérite sait en tirer le plus grand des bénéfices : le sucre, c’est le levier par excellence pour obtenir tout ce que tu veux de ta progéniture. C’est la monnaie d’échange de la petite enfance officielle plus connue sous le nom de finis-ton-assiette-sinon-t’auras-pas- de-dessert. Si ton dessert c’est une bonne pomme, ton argument va finir à la même place que les restants de table. Mais si tu laisses miroiter la possibilité d’un Oréo-si-tu-finis-tes-patates pis deux-Oréos-si-tu-finis-ton-assiette, la poubelle va rester vide, la panse de tes petits monstres va se remplir à vive allure pis ta zénitude va être préservée. Certains disent que c’est du chantage et que c’est mal. Moi je dis que c’est une arme massive contre les chicanes sur l’heure du souper et c’est bien.

Normalement, c’est là que tu me dis que toi, tu fais des supers bons gâteaux au chocolat pas de chocolat avec des fèves blanches pis des carottes. Not. Enlève « supers », enlève « bons » et je suis prête à te concéder « gâteaux » par respect pour le temps que tu viens de perdre à cuisiner quelque chose que vous allez toute manger une seule fois en trouvant ça ben bon dont les restes vont finir desséchés sur le bord du comptoir pour toujours. Un gâteau aux légumes, c’est pas mauvais. C’est juste poche. Pis tant qu’à manger un dessert poche, vas-y pour un fruit. Lui, au moins, y’a le mérite de ne pas nécessiter une demi-heure de préparation, une heure de cuisson pis vingt minutes de lavage de vaisselle.

Ça fait que c’est ça. Le sucre, ce mal-aimé, cet aliment dénoncé et pointé du doigt à qui mieux-mieux par les écoles, les services de garde, les diététistes, ta voisine, ta chum et toi-même est pas prêt de disparaître. Parce que pour les enfants, c’est l’amour au grand jour et parce que pour toi, c’est l’amour confidentiel et sournois en arrière du panneau d’armoire quand tu ramasses discrètement une patte d’ours et que tu fais tout ce qui est en ton pouvoir pour l’ouvrir en silence pendant que ton régiment écoute la Pat Patrouille. T’as jamais fait ça ? Je te crois pas.

 


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