Ton mal des transports : les sorties avec bébé

newborn crying in carseat

Tes quatre murs, tu les connais bien. Des fois, après avoir passé trois jours sans sortir de ta piaule, t’as comme des envies d’escapades. Mais chaque sortie avec bébé a un prix. Prendre dix minutes pour habiller ta progéniture avant de l’attacher à son siège, c’est un moindre mal. Subir la foudre de ton p’tit hurlant de frustration parce que tu l’as laissé tout seul à l’arrière pendant que tu conduis, ça peut aller pour une vingtaine de minutes. Mais au-delà d’une demi-heure de pleurnichage intensif, quand la fatigue accumulée a miné ta patience et ta douceur légendaires, reste plus qu’à monter le son de la musique et prier pour qu’il se taise s’endorme. Ou t’arrêter aux cinq minutes pour le consoler.

Y’a aussi des jours où tu comptes sur ses maigres siestes pour pouvoir dormir un peu, mais en conduisant, tu vas devoir sacrifier ces opportunités-là. Si bébé dort pendant que tu conduis, just too bad, toi, tu ne peux pas dormir aussi. Si tu décides de fermer les yeux au volant, ça fait des tonneaux, ton bolide se ramasse dans le fossé, bref, c’est pas conseillé. Ça fait que reste donc éveillée comme tu le peux, rends-toi à bon port avec ton bambin, et avec de la chance, ta destination sera peut-être chez ta mère qui est à la retraite et qui a plein de temps libre pour s’occuper de ton p’tit pendant que tu fais la power nap de deux heures qui va te recrinquer pour une couple de jours.

Les voyages sur de longues distances sont ton ultime supplice. Si avant, voyager Québec-Montréal était long, mais agréable, sans besoin de faire de haltes, maintenant que t’as ton kid sur le siège arrière, c’est désormais ton chemin de croix. Chaque cent kilomètres faits méritent d’être célébrés à grands coups de haltes : inconfort, soif, faim, no.1, no.2, frustration, ennui. Ton aventure ne fait que commencer quand tu te rends compte que tu dois faire le plein d’essence, que bébé a fait un tas dans sa couche, pis que la seule bouffe que tu lui as trouvée, c’est une sandwich aux oeufs de chez IGA. Tu vas alors découvrir que les épiceries ont une salle de bain dans le fin fond du backstore des employés, mais que sans table à langer, ça se pourrait que tu sacres, pis bébé aussi, couché à terre.

La planification est ta meilleure alliée. Prévoir quand tu arrives à destination te permet de savoir si oui ou non tu vas pogner le trafic. Imagine-toi prise en otage sur l’autoroute, jammée ben raide parce que c’est vendredi soir. T’as bébé qui hurle sa vie en arrière, il fait trente degrés dehors mais trente-quatre dans l’auto, t’as pas l’air climatisé, pis tout ce qui te reste, c’est la prière pour te sortir de cet enfer.

Combiner tes commissions devient aussi ton mode de vie. Comme ça, t’habilles la progéniture juste une fois, pis tu sauves bien du gossage inutile. Le service au volant des restos, le paiement à la pompe des stations-service, les places de stationnement réservées aux familles, le bouton handicapé des portes automatisées, tout ça t’aide à passer à travers ta ride sans trop de dommages collatéraux.

C’t’un coup à donner, fille; demain, tu vas peut-être pouvoir rester entre tes quatre murs préférés

Marie Lune
MARIE LUNE

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