À toi, la maman qui allaite, d’un papa qui comprend

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Tu te souviens du jour où vous avez décidé, ensemble, que votre enfant serait allaité ? Tu te rappelles de ce sentiment de fierté qui t’avait envahi ?

Tu étais alors persuadée que c’était la meilleure chose à faire pour le bon développement de ton bébé. Bien sûr, c’est encore très frais dans ta mémoire. C’est ce à quoi toi et le père de ton enfant vous vous raccrochez quand l’un, l’autre ou tous les deux traversez une baisse de foi.

Oui, avec le recul, tu aurais aimé être mieux informée des inconvénients qui accompagnent l’allaitement maternel.

Tu peux compter sur les doigts d’une main les nuits où ton nourrisson ne t’a pas réveillée. Tu as oublié la sensation délicieuse de te sentir fraîche et reposée. Tu te sens si souvent coupable de t’imaginer en simple distributeur de lait. Disponible à toute heure, de jour comme de nuit.

Même si tu prends la plupart du temps sur toi, le regard des autres pèse sur tes épaules quand tu donnes le sein à ton bébé dans un lieu public. Ça tranche tellement avec l’espèce d’indifférence de ton conjoint qui te voit déballer tes seins plusieurs fois par jour. Tu lui en veux de ne pas les toucher alors qu’ils n’ont jamais été aussi beaux et pleins de vie. Tu lui en veux aussi quand il a le malheur de faire preuve d’audace et d’exprimer son désir.

Tu ne le comprends pas quand il évoque des alternatives à l’allaitement parce qu’il te voit épuisée depuis des semaines. Tu ne supportes plus qu’il te motive à continuer alors que tu es à bout de nerfs, que tu en as clairement marre certains jours et que tu ne te sens pas à la hauteur de la mission que tu t’es confiée.

Il y a tant de choses à surveiller pour maintenir une bonne lactation. Tu ne savais pas ce que signifiait le mot régime alimentaire ? Tu as appris le sens du mot restriction. Tu as fait une croix sur ta dose de caféine quotidienne que tu considérais comme vitale. Tu as oublié la succulence du goût d’une entrecôte bleue. Ta dernière soirée junkfood avec tes copines remonte bien avant ton accouchement.

Tu es assaillie par tant d’émotions contradictoires quand tu penses à l’allaitement que tu as l’impression d’être devenue bipolaire. Elles te font vivre un enfer. Parce que l’allaitement, c’est merveilleux. Mais c’est aussi un authentique don de soi pendant plusieurs mois voire des années.

Même si ton homme fait tout ce qu’il peut pour te comprendre et te soulager, il ne sera jamais à ta place. Tu as toutes les difficultés du monde à lui pardonner ses moments d’égarement ou son sentiment d’inutilité lors des repas. Pardonne-toi tes sautes d’humeur.

Les doutes vont de pair avec le choix d’une alimentation naturelle. Tu as toujours peur de mal faire. Ou pas suffisamment. Si tu dois avoir confiance en quelque chose, c’est bien ton instinct maternel. Les mammifères font ça depuis la nuit des temps.

Tu te souviens de cette émotion intense qui t’a envahie la première fois que tu as mis ton bébé au sein ? La sensation de la plénitude d’être là où il faut au moment où il faut ? Assure-toi que tu continues toujours de la ressentir. Et si ce n’est plus le cas, fais le nécessaire pour la retrouver, peu importe s’il en coûte quelques biberons.

Crédit : Veronika Zelenina/Shutterstock.com
Guillaume Michel
GUILLAUME MICHEL

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