Au deuxième bébé que je n’aurai peut-être jamais

pregnant woman

Toi, mon enfant qui n’a jamais été,

C’est un peu étrange, mais j’avais envie de te parler. Tu es le deuxième bébé que je n’aurai peut-être jamais, mais que j’imaginais et chérissais tout autant que mon premier. Tu n’as même jamais été conçu, mais tu es dans mon cœur, parce que dans mes rêves de vie, tu étais là, toi aussi.

J’aurais aimé te donner ta chance d’être, d’exister. Ce n’est pas que je ne te désirais pas. Mais parfois dans la vie, on doit faire certains choix même s’ils nous poussent à contre-courant de ce qu’on avait imaginé. À l’encontre des petits rêves qu’on s’était innocemment tissés.

Ton éventuelle maman a pris un chemin la menant à l’opposé de toi. Je ne sais si nous nous rencontrerons un jour ou si tu es totalement rayé de ma destinée, mais sache que je pense souvent à toi.

Je t’imagine souvent quand je vois de grandes familles heureuses et je mentirais si je te disais que ça ne me fait pas une petite écorchure au cœur. Je mentirais si je te disais que je n’aurais pas voulu clore mon cocon d’amour de ta présence.

Toi, mon deuxième bébé qui n’existe pas mais dont l’énergie erre autour de moi, j’ai toujours cru que les âmes de nos enfants futurs ou potentiels rôdaient autour de nous toute notre vie durant, mais j’aurais aimé te connaître. J’aurais voulu te donner un des prénoms que j’ai gardés en tête, te couvrir d’amour et de douceurs à ton tour, redécouvrir la joie de vivre une grossesse avec toi. Pensant que je le revivrais à nouveau, j’ai l’impression de ne pas en avoir assez profité la première fois.

Mon petit, ma petite, je t’aimerai toujours même si la vie décidait de ne jamais t’ajouter à la mienne. Si le destin ne veut pas que tu fasses partie de ma vie, je m’y ferai. Ta grande sœur me remplit d’amour pur; je l’aimerai pour deux, pour trois, pour mille. Je me sens déjà énormément privilégiée d’être sa maman, mais garde tout de même ce petit secret pour moi : si un jour tu prenais racine en moi, mon cœur exploserait d’amour inconditionnel pour toi aussi.


Et à toi, la maman qui en aurait voulu juste un autre, je te comprends d’avoir du mal à t’y faire. Que ce soit parce que ton corps ne le permet tout simplement plus, parce que ton partenaire n’en veut plus et que tu dois le respecter, parce que ton couple bat de l’aile, parce que tu es une maman séparée et que tes projets de vie n’ont eu d’autres choix que de quelque peu changer, parce que ton nouveau copain a déjà eu ses enfants et qu’il ne veut pas particulièrement retomber là-dedans, je sais que c’est un deuil à faire. Que tu te demandes toi aussi à quoi ce petit dernier aurait bien pu ressembler ou quel beau prénom de tous ceux que tu adores il ou elle aurait porté.

Et vous, ces petites âmes de deuxième, troisième, quatrième bébé que vos mamans auraient tant voulu abriter neuf mois : nous nous retrouverons un jour, dans une autre vie peut-être, les amours.

Crédit : Shpagina Elena/Shutterstock.com
Vanessa Fuoco
VANESSA FUOCO

6 thoughts on “Au deuxième bébé que je n’aurai peut-être jamais

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