Ma grande fille, je voudrai toujours un instant de plus avec toi

daughter and mom

Ma grande fille,

Te voir grandir un peu plus chaque jour me rend fière de toi mais je réalise du même coup que doucement, tu n’es déjà plus cette petite fille si naïve et fragile que tu étais il y a si peu de temps encore. Mon cœur se serre chaque fois que je sens qu’une nouvelle page se tourne, derrière nous pour toujours. En vérité, je crois que toutes tes premières fois, tous tes fous rires en découvrant le monde et tous ces petits moments magiques qui s’animent souvent dans ma mémoire me manquaient déjà avant ton arrivée. Parce que dès que j’ai posé les yeux sur toi, j’ai enfin compris pourquoi j’existais.

Je fais partie de ces mamans, celles qui connaissent l’importance du temps, avant même qu’un instant se présente. L’importance d’être à côté de toi chaque jour, chaque minute où tu en as besoin. L’importance de profiter, d’apprécier et de sourire avec toi. De faire la course ensemble pour savoir qui aura la plus grosse part de dessert. De prendre un bain aux chandelles, plein de mousse, en mangeant une collation, juste parce que c’est drôle. De rire de moi, et de toi, comme le font les grands, parce que tu comprends déjà cette légèreté dont les adultes peuvent aussi faire preuve.

Je fais partie de ces mamans, celles qui connaissent l’importance d’écouter des films collées, tard le soir, parce que même si je meurs de fatigue, je veux toucher chaque seconde où tes yeux rayonnent. De rater l’école rien qu’une journée, juste pour être ensemble, un instant de plus, un souvenir de plus. De sauter dans l’eau, avec toi, plutôt que de simplement te regarder sauter. Parce que je veux t’offrir la plus belle histoire d’enfance, mais aussi parce que c’est comme ça qu’on fait les choses nous deux; ensemble. Toi, et moi.

Ma chérie, chaque fois où tu me demandes si tu as grandi, je trace secrètement une mesure plus grande que tu l’es sur le mur, juste pour voir cette parcelle de couleur dans ton regard, même si je me réjouis en silence que tu ne t’éloignes pas trop rapidement de moi. Chaque fois où tu perds une petite dent, je mets en œuvre le plus magique des scénarios en redoutant le moment où tu réaliseras que la fée des dents, c’était ta maman. Chaque fois où tu me regardes d’un avec du doute dans les yeux, alors que tu viens de trouver l’emballage des cocos du lapin de Pâques ou que tu t’aperçois que le père Noël recouvre tes cadeaux avec le même emballage que le mien, je sens que la raison s’installe dans ta petite tête, et que peu à peu, ton étincelle d’enfant s’estompe.

Je sais que je dois te laisser évoluer, te laisser grandir. Je veux que tu arrives à marcher seule, avec toute la confiance du monde et que tu t’élèves plus haut que les étoiles. Je veux que tu sois bien avec toi-même, indépendante et forte. Mais je vis constamment cette bataille dans ma tête d’avoir envie de te garder toute petite et celle de te voir grandir. J’ai ce vertige qui s’installe chaque fois, à l’idée d’oublier. Et même si je sais que c’est ça la vie, ça me fait mal de penser qu’un jour, ta petite main n’aura plus besoin de la mienne. Parce que plus le temps avance, plus je me rapproche de ce jour, où il y aura davantage de souvenirs derrière, que devant nous.

Alors en attendant, je veux que tu saches, ma grande fille, que je continuerai d’être cette maman agaçante, toujours là, derrière toi, qui prend des photos de chacune de tes grimaces, parce qu’au bout du chemin, je veux me rappeler, ne jamais oublier, cette chance que j’aurai eu de de te voir et t’aider à grandir.

Crédit : nelen/Shutterstock.com
Janie Bordeleau
JANIE BORDELEAU

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