Mon aîné, tu es toujours un enfant

toddler kissing baby brother

Mon premier enfant,

Tu es soudainement devenu plus grand à mes yeux quand j’ai tenu ton frère dans mes bras. Tu as dû, par la force des choses, devenir plus autonome du jour au lendemain. Je sais que je t’ai souvent demandé d’être un grand garçon depuis l’arrivée de ton petit frère. Que je t’ai demandé de faire certaines choses toi-même, alors que je devais m’occuper du bébé. Je t’ai même parfois demandé de garder un œil sur lui quelques minutes.

Tu as apprivoisé ton rôle de grand frère avec brio. Tu t’es assuré que ton petit frère ait toujours sa suce ou sa doudou à proximité, tu as souvent voulu lui donner le biberon toi-même. Tu as veillé à ce qu’il ne s’aventure pas trop près des escaliers, qu’il ne s’éloigne pas trop dehors. Tu t’es inquiété quand il s’est fait mal, tu t’es fait du souci quand il a été malade. Tu étais toujours près de lui quand il a commencé à se déplacer. Tu t’es donné comme mission de le divertir et le faire rire quand maman était occupée.

Je vois bien que tu as intégré ce rôle dans ta personnalité et que cela a influencé ton comportement; tu es devenu protecteur, plus sérieux, plus prudent aussi. Tu te dis qu’un grand frère doit être là quand il faut, pour veiller sur sa fratrie. Que c’est son rôle de tracer la voie et d’être perçu comme un modèle, un exemple à suivre et tu prends ton rôle au sérieux.

Je te remercie pour tout cela, sincèrement. Depuis les tout débuts, tu as été tellement parfait. Mais j’ai besoin que tu saches que tu es un enfant malgré tout.

Même si l’idée que tu veilles sur ton petit frère me réconforte énormément, n’oublie pas qu’il est important de penser aussi à toi et à ce dont tu as envie. Je veux que tu continues des jeux auxquels tu veux jouer sans toujours te soucier du bruit que cela occasionne. Je veux que tu nous laisses savoir quand tu as besoin de passer un moment seul avec papa ou maman. Je veux que tu n’hésites jamais à demander du réconfort lorsque tu as fait un cauchemar par crainte de réveiller ton frère. Je veux que tu n’hésites jamais à venir me voir même si j’ai bébé dans les bras si tu as de la peine ou que tu as besoin de mon aide.

Amuse-toi, aie du plaisir comme il se doit. Tu es encore tout petit et tu n’as pas à jouer le rôle des adultes. N’oublie pas tes propres besoins et tes propres désirs. Garde ton grand sourire rieur et reste encore un enfant pour quelque temps. Profites-en avant que les vraies responsabilités ne s’imposent, ces responsabilités d’adulte auxquelles on n’échappe pas.

Tu peux bien sûr garder un œil bienveillant sur ton frère, mais n’oublie pas que tu n’en es pas responsable. Il est en sécurité, je veille sur lui. Et surtout, je veille aussi sur toi. Je te le promets.

Ne grandis pas trop vite et continue de jouer, le coeur léger. Je me charge du reste.

Crédit : Halfpoint/Shutterstock.com
Érika Huot Villeneuve
ÉRIKA HUOT VILLENEUVE

Une réflexion sur “Mon aîné, tu es toujours un enfant

  1. Caroline Répondre

    Magnifique texte, auquel je peux facilement me rapporter avec mes deux filles qui ont 9 ans d’écart. Ma grande prends bien soins de sa petite soeur qui vient de naître. Je tiens absolument à ce qu’elle continue d’être la jeune fille qu’elle était avant l’arrivé du bébé. C’est tellement important qu’elle ne perde pas son enfance trop vite. Ce texte permet de bien s’en rapeller. Merci ❤️

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