Je ne voulais pas de fille à cause de ma relation avec ma mère

little girl and angry mother

Je ne voulais pas de fille.

Pas parce que je trouve le monde difficile pour les femmes.

Même si physiquement, il faudrait retrouver une ligne de mannequin dès l’accouchement, être épilée, maquillée, bien habillée mais attention, sans provocation.

Même si professionnellement, notre salaire est inférieur à celui des hommes à travail égal. Et bien souvent, madame est chargée des enfants malades et monsieur est donc plus facilement embauché.

Même si mentalement, il nous faut un moral à toute épreuve, avoir une organisation béton et être une excellente gestionnaire tout en gardant tendresse et sourire.

Je ne voulais pas de fille.

Pas parce que quand je vois celles de mon entourage, ça ne me fait pas envie.

Même si les gamines qui poussent des cris de frayeur à chaque fourmi aperçue ont tendance à m’agacer.

Même si celles qui veulent la robe qui tourne de la dernière mode, les sandales à talons qui claquent, ce n’est pas mon style.

Même si me dis que je n’aurais pas la patience de supporter d’attendre pendant trois heures que la salle de bain soit libre pour pouvoir enfin prendre ma douche quand elle sera grande.

Je ne voulais pas de fille.

Parce que j’avais peur. Peur de ne pas réussir à établir une bonne relation mère/fille. Parce que celle avec ma mère me laisse un goût inachevé. Parce qu’il y a toujours eu une distance entre nous. Pas de confidence, de moments intimes, de complicité. Quand j’entendais mes copines dire qu’elles avaient fait les boutiques avec leur mère, même si je ne suis pas trop shopping, un drôle de sentiment m’envahissait. L’impression de passer à côté de quelque chose d’essentiel.

Et je ne voulais pas reproduire la même chose ni en faire trop. Ou pire encore, régler mes comptes à travers ma fille.

Je ne voulais pas de fille.

La vie ne m’en a pas donnée et je suis une maman comblée.

Mais si j’avais eu une fille, je suis sûre que j’aurais été contente. Je suis persuadée qu’elle n’aurait pas manqué d’amour et que je ne me serais pas continuellement demandé si j’allais y arriver ou non. Je l’aurais aimée, tout naturellement.

Même si mon cerveau a des doutes, mon coeur de maman n’en a aucun.

Crédit : triocean/Shutterstock.com
Anne
ANNE

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