J’ai choisi l’éducation bienveillante

angry kid with mother

Je fais le pari d’une éducation bienveillante.

Je fais le pari de t’expliquer plutôt que de te menacer, de t’aider à réparer plutôt que de te punir, de ne pas lever la main sur toi pour t’aider à grandir.

Notre bibliothèque regorge de livres sur l’éducation positive et j’ai lu certains plusieurs fois. J’ai douté souvent et il m’est arrivé de penser que je me trompais quand je te voyais crier ou taper alors que je m’étais accroupie pour t’expliquer.

Je me suis perdue dans mon cheminement quand je t’ai vu hurler pour ce que je pensais n’être rien ou pas grand-chose et que je n’arrivais pas à te consoler parce que tu me rejetais.  J’ai manqué de patience quand, malgré mes négociations, tu continuais à me dire non. J’ai parfois voulu te faire peur et  il m’est arrivé de te faire du chantage quand je me suis sentie dépassée.

À plusieurs reprises, j’ai pensé abandonner l’éducation bienveillante parce qu’on disait de moi que j’étais laxiste et il m’est presque arrivé de croire les personnes qui me disaient que nous faisions de vous une génération d’enfants perdus.

Et pourtant… je continue. Je cherche à comprendre ce qui se passe dans ta tête d’enfant parce que le monde des adultes me l’a fait oublier. Je veux apprendre à tes côtés  parce que c’est bien trop facile de te cataloguer de capricieux ou de mal élevé. Et se comprendre, j’en suis convaincue, c’est le début du secret.

Alors aujourd’hui plus que jamais, je veux faire le pari de construire notre relation sur la confiance, de répéter souvent même si c’est fatiguant et énervant. Je ne veux pas me contenter d’être uniquement ta figure d’autorité. Je veux être ta figure d’attachement parce que c’est tellement plus gratifiant. Je veux que tu puisses me faire confiance et que jamais tu n’hésites à te confier à moi de peur de te faire gronder.

Je ne suis pas une mère parfaite. Je fais ce que je pense être le mieux pour nous deux. Je crie et il m’arrive de perdre patience face au tsunami de tes émotions parce que gérer tes émotions et les miennes est parfois épuisant. Mais j’essaie de faire de mon mieux, de réparer comme je peux. Je déconstruis ce que depuis toute petite on m’a appris. J’avance et je grandis avec toi.

Je sais que je ne pourrai pas toujours veiller à ce que les autres adultes se comportent avec toi de la même façon que moi. Mais peu importe ton âge, je veux que tu saches que tu as le droit de demander à ce qu’on te traite avec respect.

Et si à ton tour, tu te respectes et tu respectes les personnes qui t’entourent, j’estimerai avoir gagné mon pari.

Le pari d’une éducation bienveillante.

Crédit : ronstik/Shutterstock.com
Morgane
MORGANE

6 thoughts on “J’ai choisi l’éducation bienveillante

  1. Marie-Christine Joseph Répondre

    Tellement un gros merci pour ce doux et merveilleux texte

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  2. Claire Répondre

    Bonjour,

    Je me reconnais dans vos mots, mais je ne pourrais pas écrire un billet pour prôner l’éducation bienveillante aujourd’hui.
    Je reste totalement d’accord avec les grands principes, mais avec mon caractère et celui de mon aîné, elle m’a conduite à subir deux ans (de 18 mois à 3 ans et demi) de violences sonores et physiques insupportables. J’étais en burn-out, j’ai vu des psy, j’ai fait d’énormes craquages, c’était l’horreur.

    L’éducation bienveillante ne semble pas s’adresser aux hyper-émotifs comme mon fils et moi. Depuis six mois, je ne tolère plus les débordements de mon enfant dans la mesure où ils font souffrir son entourage, y-compris son petit-frère. On a retrouvé un semblant de paix à la maison et ma relation avec mon fils s’est énormément améliorée.
    L’éducation bienveillante ne m’a donné quasiment aucune clé pour gérer ses émotions, l’empathie de ma part le mettait en rage, lui donnait le droit de me frapper et de hurler. J’étais désemparée.

    L’éducation bienveillante nous dit qu’on ne peut pas attendre d’un enfant qu’il gère ses émotions car elles le submergent, OK, mais ce n’est pas pour ça qu’on doit subir sa violence. À 3 ans mon fils piquait des crises de hurlements de vingt minutes tous les soirs au repas. Il piquait une crise si on ne prenait pas exactement le même chemin que d’habitude pour rentrer de l’école. Il piquait une crise pour tout et pour rien, tout le temps. Et je ne savais pas quoi faire, parce que “un enfant ne peut pas contrôler ses émotions”.

    Alors aujourd’hui, je suis ferme, je lui dis très clairement que je n’accepte pas son attitude, que peu importe ce qu’il ressent, il n’a pas le droit de nous faire souffrir. Je le laisse se calmer dans une zone dédiée, et lorsqu’il est prêt à m’accueillir sans hurler, on respire, on discute, on fait la paix.
    Ça le rassure énormément d’avoir ce cadre-là. Un enfant qui est débordé par ses émotions a besoin que son parent lui donne un cadre clair, lui pose les limites acceptables de l’expression de celles-ci. Le laisser hurler, le laisser frapper, c’est l’abandonner à une grande détresse émotionnelle.

    Maintenant, mon cadet a un caractère complètement différent et les principes de l’éducation bienveillante font sens avec lui. Il a des émotions mais ce n’est pas dévastateur, il y a toujours un moyen de le faire sourire ou de le réconforter. Avec lui, je peux enfin être pleinement empathique, remplir son réservoir d’amour pour l’apaiser, tout cela fonctionne là où ça n’a jamais fait qu’empirer l’état de mon aîné.

    En fait, le problème, c’est ça : nous faire croire que tous les enfants fonctionnent de la même manière, que tous ont besoin de la même chose. C’est faux. Certains enfants ont besoin qu’on les laisse respirer, d’autres qu’on les détourne de leur colère par le jeu, d’autres qu’on les contienne très fort. Bien sûr ce n’est pas seulement de l’enfant qu’il s’agit, c’est le couple parent-enfant, la relation qui est unique. Il faut trouver quelque chose qui fonctionne pour soi et son enfant.

    N’oublions pas que l’éducation bienveillante est presque une pseudo-science, qu’elle détourne beaucoup d’études sur la maltraitance pour les généraliser aux VEO sans aucun fondement. Ne culpabilisons pas parce qu’on doit parfois gronder nos enfants, parce que des fois on n’en peut plus. Personne n’est un parent parfait. Et les enfants sont très résilients, très plastiques aussi. Si on se rappelle toujours qu’on veut préserver un lien fort et tendre avec eux, on ne dérivera pas trop loin. On respire un grand coup, et on avance, cahin-caha, du mieux qu’on peut. Ça suffira.

    1. TSVETANOVA STELA Répondre

      Merci de cette prise de recul par rapport à l’éducation bienveillante! Je partage complètement votre opinion. Merci!

    2. Marina Répondre

      Juste Merci

    3. Simon Répondre

      Y serais pas autiste ton jeune par hasard? Ce qui expliquerait les nombreuses crises. J’me permet de poser la question étant moi même autiste.

    4. Lauriane Répondre

      Merci pour votre commentaire, vous auriez dû écrire l’article car pour ma part je me retrouve plus dans vos mots. Il est vrai chaque enfant est différent et donc par conséquent on ne peut pas agir et être pareil avec chaque. Je vous souhaite une bonne continuation et encore merci pour vos mots ils m’ont parlé.

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