À toi qui es enceinte après avoir fait une fausse couche

baby with wings

Ça y est. Tu es enceinte. À nouveau.

Pourtant, ce moment que tu espérais tant ne te remplit pas de joie. À la place, tu as une boule dans l’estomac, les mains qui tremblent et le sentiment que tu viens de sauter dans un précipice. Tu as peur. Parce que cet instant tant attendu, tu l’as déjà connu et il t’a laissée avec un trou à la place du cœur.

Depuis la nouvelle, tu analyses religieusement les tests de grossesse que tu fais en te disant que celui de la veille te semblait plus foncé, ce qui vient rajouter de l’angoisse à ton sentiment d’impuissance. Tu sais bien que ce n’est pas sain, mais c’est plus fort que toi, tu as besoin de te rassurer.

Tu paniques à chaque petite crampe, tu touches tes seins trente fois par jour pour t’assurer qu’ils sont encore sensibles. Tu as même commencé à prier, toi qui n’est pas si croyante que ça, en te disant que ça pouvait peut-être aider un petit peu. Tu serais prête à payer cher pour que quelqu’un t’assure que tu ne revivras pas le traumatisme qui te hante encore la nuit.

Tu te sens tellement mal parce que tu as l’impression de faire du mal à ton bébé en étant aussi stressée. Tu te dis que s’il arrive quelque chose, ce sera certainement à cause des dizaines de crises d’angoisse que tu as faites depuis l’annonce de sa venue.

Tu te mets une énorme pression sur les épaules qui t’empêche de dormir la nuit; tu veux tellement que ce petit être sente qu’il est le bienvenue que tu t’empêches presque de respirer par peur de lui causer du tort.

Mais à partir de maintenant, j’aimerais que tu respires. Accueille tes émotions car elles sont légitimes. Tu as un deuil à vivre en même temps que la plus belle nouvelle de ta vie et c’est normal d’être déboussolée. S’il te plaît, arrête de penser que tu causes du tort à ton bébé et que tu es en train de bousiller ta nouvelle chance de devenir maman. Il n’y a rien que tu pourras dire ou faire qui l’empêchera de se développer si c’est ce qui doit arriver.

Tu as le droit de faire des projets, de l’aimer, déjà.

Tu as le droit l’imaginer glisser au parc, t’appeler maman et sentir ton coeur se remplir de fierté.

Tu as le droit de vivre cette grossesse et tout ce qui l’entoure.

Tu as le droit d’être effrayée; ne fuis pas ta peur, accueille-la et vis ce que tu as à vivre.

Je ne peux pas te garantir que la fin sera heureuse, mais ton bébé à naître mérite tout l’amour que tu as à lui offrir, que ça finisse bien ou non.

Marie-Danielle Jacques
MARIE-DANIELLE JACQUES

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