À la mémoire de la petite fille de 7 ans de Laval

little girl alone sad

En réaction au décès de la fillette décédée à Laval le 3 janvier 2021.

Combien d’autres drames faudra-t-il avant que les choses changent? Combien de coups, combien de bleus avant que ne s’ouvrent des yeux? Combien d’intervenants à bout de souffle devront encore s’égosiller avant qu’enfin le message puisse passer?

Un autre petit ange s’est envolé, une autre famille est déchirée. Mais qu’est-ce que cela va donner en fin de compte, à part une autre pile de papiers?

Le système, trop lourd, n’arrive plus à supporter le poids des souffrances de ces petits êtres. Une nouvelle fois, on portera en terre celle qu’on aurait dû aider. Pourquoi? Pour mieux l’oublier et recommencer dans quelques mois.

Le système est à genoux, incapable de se lever pour se battre comme il se doit, écrasé par la paperasse, les longues heures, les procédures qui finissent par ignorer la crasse, les malheurs et les tortures.

Comment aider et dénoncer avec des mains liées et une bouche bâillonnée?

J’ai la vision troublée par les larmes à force d’écouter les reportages qui se répètent comme une ritournelle malade. J’aimerais que cette fois ce soit différent. J’aimerais que ce petit ange, du haut de ses sept ans, fasse trembler les murs d’une institution gigantesque. J’aimerais savoir que cette petite puce n’a pas souffert en vain. Que plus jamais je n’entendrai les journaliste raconter l’histoire d’une famille rencontrée l’an dernier sans qu’un enfant ne soit sauvé.

Est-ce que je rêve en couleur? Est-ce que je fais preuve de naïveté?

Je ne cherche pas de responsable. Je ne veux pas de cible à blâmer. Je veux que les dirigeants réagissent. Je ne veux plus jamais entendre parler de tels supplices. Je veux que les intervenants arrivent à aider comme il se doit. Je veux que l’argent serve au réconfort des gamins dans le besoin. Je ne veux plus qu’on considère comme « normales » ces histoires d’horreur. Savoir qu’on laisse les choses aller « pis on verra bien ce qui va se passer », je refuse qu’on puisse encore le tolérer.

Elle a poussé son dernier souffle et une fois de plus, le système a échoué. Ne laissons pas la tragédie devenir une simple histoire dans les journaux. Il faut repenser la roue pour qu’elle puisse se remettre à tourner. Il faut repenser les outils pour qu’aux premières lignes on puisse travailler. Il faut se mettre à agir et cesser de réagir. Il ne faut pas oublier quand le temps aura passé. Il faut faire résonner cette demande jusqu’aux oreilles qui ont le pouvoir de réellement tout changer. Pour que plus jamais un petit ange n’ait à s’envoler pour être libéré.

Marie-Jo Sauriol
MARIE-JO SAURIOL

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