Je suis maman et mon ancienne vie me manque

tired mother with baby

On dit qu’un enfant, ça change une vie. C’est vrai. On nous dit aussi qu’on doit s’estimer heureuse de pouvoir vivre la maternité. C’est vrai aussi. Mais ce qui n’est pas moins vrai, c’est que parfois, j’aimerais retrouver ma vie d’avant.

Je suis maman et mon ancienne vie me manque un peu.

Ma liberté me manque. Celle de pouvoir partir quand je veux, sans me soucier de l’heure des boires, de la sieste et du dodo. Celle de pouvoir appeler une amie pour aller magasiner ou manger dans un restaurant à l’improviste, juste comme ça, sans me presser, sans responsabilité et sans souci. Ma vie d’avant n’était pas si structurée et je réalise que c’est ce qui la rendait en grande partie  palpitante.

Mon ancienne vie me manque beaucoup.

Avant d’être mère, j’étais un oiseau de nuit. Lorsque les douze coups de minuit sonnaient, cela signifiait que je commençais à peine à penser à aller me coucher. Lorsque mon cadran me réveillait le matin, je snoozais quelques minutes, le temps de profiter encore un peu du confort de mes couvertures. Je pouvais me permettre cette petite pause mentale avant d’entamer la routine métro, boulot, dodo en me rappelant que si j’étais encore fatiguée, je pourrais reprendre le sommeil perdu le soir venu en me couchant de bonne heure. Chose que je ne faisais pas vraiment en fin de compte.

Mon ancienne vie me manque passionnément.

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher d’éprouver un peu de jalousie envers mes amis qui continuent de jouir pleinement de leur liberté. Ces amis qui peuvent se permettre de siroter leur café et de lire leur journal le matin, et ce, dans le silence total. Ces amis qui peuvent rester en pyjama et se taper une saison entière d’une série télé en un seul après-midi. Ces amis qui peuvent aller à un cinq à sept qui finit beaucoup plus tard que prévu sans qu’ils s’en fassent parce qu’ils pourront faire la grasse matinée le lendemain.

Mon ancienne vie me manque à la folie.

Mon insouciance me manque. J’aimerais voir la vie de nouveau avec des lunettes roses. Oublier que tout ce qui arrive à l’environnement, à notre système d’éducation et à notre système de santé  ne sont que des problèmes à résoudre pour demain. Oublier le fait que mon bébé grandira, et, que si rien ne se passe, il devra subir les conséquences de notre silence.

Mon ancienne vie me manque plus que tout.

J’aimerais sortir de mon rôle de surveillante, d’arbitre et de gérante. Je voudrais pouvoir regarder dans le vide et me perdre dans mes pensées de nouveau, sans avoir à m’inquiéter des allées et venues de mon bébé, tel un gardien de sécurité. Je voudrais me débarrasser de cette charge mentale qui ne cesse de grandir de concert avec la taille de mon enfant.

Mais en même temps, mon ancienne vie ne me manque pas du tout.

Bien que je ne puisse m’empêcher d’éprouver beaucoup de nostalgie quand je pense à ma vie d’avant, je ne peux pas nier qu’elle était aussi parsemée de moments de solitude extrême pendant lesquels je tentais de trouver un sens à mon existence en me disant que mon quotidien était fait pour être partagé avec une famille avec laquelle je me voyais vieillir.

C’est lorsque je me rappelle ces instants de doute et de vide dans l’attente de partager ma vie avec un amoureux et des enfants que je réalise que rien ne me ferait revenir en arrière. Que j’ai eu la chance de bien profiter de mon enfance, de mon célibat et de ma jeunesse. Que j’ai voulu et que j’apprécie la nouvelle vie que je mène.

Et le meilleur n’est qu’à venir.

Maman Amy
MAMAN AMY

2 thoughts on “Je suis maman et mon ancienne vie me manque

  1. Flo Répondre

    Je te rejoins complètement dans le sens de ton article.
    Le nombre de fois que je me dis qu’est-ce que je serais bien à lire un bouquin tranquille et à sortir quand je veux.
    Mais dès que bébé fait la sieste trop longtemps je me demande quand est ce qu’il va me réveiller.
    Cette ambivalence de sentiments est difficile à gérée et j’essaye de l’apprivoiser

  2. Déborah Répondre

    Ça fait du bien de lire ça aujourd’hui maintenant précisément maintenant quand j’ai eu une grosse période de culpabilité d’avoir ressenti exactement ce qui est décrit…
    Honteusement.
    Merci de me faire sentir que je ne suis pas seule, que je ne suis pas un monstre, que je suis une bonne maman

    Déborah

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