À mon bébé Covid

mother with baby mask covid concept

À toi, mon bébé Covid,

Qui déjà dans mon ventre n’a pas pu être flatté et à qui les gens que j’aime n’ont pu parler autant que j’aurais voulu pour cause de confinement;

À toi, mon bébé Covid,

Qui a dû attendre plusieurs jours avant de rencontrer ta grande sœur qui attendait ton arrivée si impatiemment car toute visite était prohibée.

À toi, mon bébé Covid,

Qui n’a pu être pris dans les bras de tes grands-parents que plusieurs semaines après ta naissance parce que tu étais si fragile, si petit et peut-être vulnérable au virus qui courait parce qu’on en savait si peu alors;

À toi, mon bébé Covid,

À ce jour, tu n’as pas encore eu la chance de rencontrer tous les gens qu’on aime et à qui on aurait voulu te présenter car cela n’est pas sécuritaire pour ton système immunitaire si précaire;

À toi, mon bébé Covid,

Tu n’a pas pu recevoir tout l’amour extérieur que j’aurais aimé que tu reçoives car on ne voulait pas mettre en péril ta santé;

À toi, mon bébé Covid,

Je n’ai pas pu te coller autant que j’aurais voulu dans tes premières semaines de vie à cause de l’absence de garderie pour ta grande sœur;

À toi, mon bébé Covid,

Qui voit tout le monde qui s’approche près de toi avec un masque car je ne peux pas me résoudre à prendre de chances aussi petites soient-elles;

À toi, mon bébé Covid,

Bien que les choses reprennent peu à peu des allures de normalité, je sais que ce n’est toujours pas complètement le cas. Alors, je veux que tu saches que tu es notre rayon de soleil dans cette période nuageuse.

À toi, mon bébé Covid,

Je te promets que tu auras droit à la même quantité d’amour que ta grande sœur a eu de tes tantes, oncles et grands-parents lorsque tout ça sera derrière nous car malgré que tu sois né à un moment inopportun, ta venue était plus que souhaitée et attendue par tous ceux qui t’aiment.

À toi, mon bébé Covid,

Comme ton grand-père dit toujours, ce n’est que partie remise.

Karine Dubois
KARINE DUBOIS

2 thoughts on “À mon bébé Covid

  1. Brigitte Répondre

    Magnifique ! !!!!!!
    Et tellement vrai pour nous!!!!
    Une mamie en manque de ses petites-filles…

  2. Adeline Gillet Répondre

    Dans le même genre, j’avais écrit ceci pour mon bébé né au début de la pandémie… soutien à toutes celles qui traversent cela !

    A toi, mon bébé confiné, mon amour de petite fille.

    Juste un besoin de t’écrire, de mettre des mots sur ce que nous vivons aujourd’hui et ce depuis le 17 mars 2020. Et en avoir une trace, un souvenir.

    Bientôt un mois de TOI.

    Tu es née à une date où chacun se souviendra de l’endroit où il était, de ce qu’il faisait lors d’une annonce aussi inédite que le confinement total de notre pays.
    Moi, par contre, je me souviendrai de ma surprise que tu aies les cheveux couleur or, de la joie de voir déjà de grands yeux à 14h05, de mon soulagement d’entendre tes pleurs, du bonheur dans les yeux de ton papa, des sensations de ta peau contre la mienne, de mon amour pour toi déjà démesuré…

    Une bulle de bonheur qui malheureusement ne peut durer…

    Qui pourrait gâcher ces instants ? Comment pourrions-nous nous voler ces moments ? …
    J’en veux à la terre entière. Je n’étais pas prête pour cela, je peine à y croire … Te donner la vie, alors qu’on cite tant de morts.

    Et puis, tu souris aux anges. Je profite de cette tendresse sur ton visage pour me rappeler que l’important est que nous soyons en bonne santé malgré ce séjour dans un hôpital contaminé.

    Et puis, tu me regardes fixement. Personne ne pourra voir à quel point tu es belle maintenant, à cet instant. Tu le seras encore plus tard, j’en suis sûre mais là, aujourd’hui, comme ça, dans ton pyjama 0 ou 1 mois, à part nous trois, personne ne le verra.

    Et puis, tu pleures. De faim, de fatigue ou de coliques, tu pleures et je tente de te consoler du mieux que je peux, avec juste l’instinct d’une maman qui se sent parfois désarmée. Une maman fatiguée, certes, mais aussi une maman qui se sent abandonnée. Parfois, je pleure avec toi.

    Et puis, tu t’éveilles. Tu réagis à nos voix, celle plus aigue de ta grande soeur, la plus basse et grave de ton papa et la mienne si bien connue avec ses nombreuses intonations… ce sont les seules que tu entends depuis un mois et probablement pour les semaines encore à venir. Et ça me fend le coeur … Je sais ô combien certains voudraient te murmurer de jolies chansons ou simplement des mots doux.

    Et puis, tu dors. Si paisiblement, tu rêves.
    Le monde pourrait s’arrêter de tourner, et c’est justement ce qui est en train de se passer, tu dors confortablement. Je te surveille, je veille sur toi pour que tu ne te sentes jamais seule et que rien ne puisse t’arriver.

    Et puis, tu sers mon doigt. Dans ta si minuscule main, tu le sers fort et je sens qu’en réalité c’est moi qui ai besoin de toi, tu es mon pilier…

    Et puis, tu es là. Tout contre moi, dans les bras de ta super grande soeur ou de ton papa, je t’observe et je suis si fière de toi. On me dira que tu ne te souviendras pas de tout cela, que tu ne ressens pas de manques, que tu as juste besoin de nous, de moi.

    Alors, je suis là pour toi. De tout mon être, je serai toujours là pour toi. Je voudrais te promettre un monde meilleur, une vie sans soucis mais pour commencer, je voudrais te protéger, toi et ta soeur.

    J’aimerais fermer les yeux et repenser à ton début de vie que je rêvais si différent. Je ferme les yeux et de tout mon coeur, je profite de toi dès à présent.

    On attend sagement mais impatiemment de te fêter, te célébrer, te gâter et qu’enfin ta naissance ne soit plus mise de côté pour que nous puissions à quatre avancer.

    Tu es là, tu es toi, et tu ne méritais pas de venir au monde comme cela.

    Je t’aime ma petite chérie.
    On t’aime Zoélie. ❤

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