On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu

sad woman with teddy bear

On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu.

Du moins, jamais assez longtemps. Comme si ce n’était pas normal de souffrir au-delà de quelques jours ou de quelques mois de la mort d’un enfant sous prétexte qu’il est parti avant sa naissance ou très peu de temps après.

On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu.

Comme si ça ne faisait pas mal de perdre un petit être qui était peut-être minuscule mais qui, en quelques mois, en quelques semaines ou même en quelques jours avait nourri tous les espoirs et tous les sourires qu’un cœur de maman peut contenir.

On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu.

Comme si ces mères qui portaient la vie n’aimaient pas déjà inconditionnellement le petit humain en construction qui grandissait en elles et qui ne verrait pas le jour. Comme si ce n’était pas le rêve d’une famille comblée qui s’effondrait.

On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu.

Comme si se faire réconforter avec des phrases aussi absurdes que « un de perdu, dix de retrouvés » suivant une fausse-couche quelques jours après être tombée ne crevait pas le cœur.

On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu.

Comme s’il existait une échelle de douleur selon laquelle on ne pouvait pas pleurer la perte d’un petit bébé à naître de deux semaines, de dix semaines ou de six mois plus de quelques jours sous prétexte « qu’on aura juste à se réessayer ».

On ne laisse pas les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu.

Comme si donner naissance à un enfant sans vie ne marquait pas le coeur d’une mère pour toute son existence.

Laissez les femmes pleurer le bébé qu’elles ont perdu aussi longtemps qu’elles en auront besoin.

Ne diminuez pas leur peine.

Écoutez-les le cœur grand ouvert lorsqu’elles en parlent.

Honorez la mémoire de tous les petits disparus en laissant leur mère vous raconter leur histoire.

Il n’y a pas de malaise. Pas de raison de fuir. Pas de raison de banaliser leur souffrance.

Et elles n’ont pas de raison de se taire et de souffrir en silence.

Crédit : Creaturart Images/Shutterstock.com
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