Je suis une maman sans break

sad mother with baby

Je suis maman. J’ai choisi cette vie. Je me suis lancée tête première dans cette belle et longue aventure parsemée d’embûches, mais aussi de belles surprises, qu’est la maternité. Ce n’est pas comme je l’avais imaginé. C’est à la fois beaucoup plus beau, mais aussi plus difficile que j’aurais cru et force est d’admettre que je suis une maman sans break.

Je suis une maman sans break.

Lorsque je crois enfin pouvoir relaxer de ma grosse journée une fois les enfants couchés, je réalise que j’ai deux brassées à plier en plus de laver la vaisselle du souper. Et s’ajoutent à ça les p’tits qui se relèvent de leur lit cinq fois chaque pour un verre d’eau, une couverture croche ou un toutou égaré.

Je suis une maman sans break.

Pendant mes pauses du boulot, je dois faire ma liste de menus de la semaine et profiter de mon heure de dîner pour aller faire l’épicerie, sandwich à la main durant le trajet.

Je suis une maman sans break.

À peine opérée et remise de l’anesthésie, je me surprends à énumérer au papa les devoirs que notre petit doit exécuter en soirée; oui il aurait été capable de s’organiser tout seul, je sais.

Je suis une maman sans break.

Entre les leçons du grand à superviser, le bricolage du petit à surveiller, le chaudron sur le rond à brasser et le poêle à bois à chauffer, j’ai aussi les lunchs du lendemain à penser.

Je suis une maman sans break.

Lorsque nous relaxons enfin devant un film en famille, je vérifie subtilement les rendez-vous de la semaine sur mon cellulaire. Rencontres de parents, médecin, dentiste, sans oublier l’orthophoniste et le pédiatre. Je dis subtilement car ledit téléphone peut rapidement devenir une source de chicane entre deux enfants qui aimeraient bien le prendre.

Je suis une maman sans break.

Quand je déneige l’entrée, il m’arrive régulièrement de succomber aux demandes des enfants de faire un bonhomme de neige par souci de m’amuser avec eux. Finalement, je dois ressortir le lendemain matin quand tout le monde est encore couché pour que toute la famille puisse embarquer dans la voiture sans avoir de la neige jusqu’au genou et, par conséquent, les pantalons trempés pour la journée.

Je suis une maman sans break.

Même la nuit quand je ne m’endors pas car mes pensées virevoltent et s’accumulent; la propreté du petit, la réussite scolaire du grand, l’organisation familiale, les rendez-vous, le manque de temps pour jouer avec eux, etc. Finalement, je réussis à m’endormir, mais pour rêver encore à eux jusqu’à ce qu’ils me réveillent en sautant dans notre lit. Et ça, c’est s’il n’y a pas un pipi au lit durant la nuit qui oblige à partir une brassée à ne pas oublier de mettre dans la sécheuse avant de partir au travail.

Je suis une maman sans break.

Même quand je passe un moment en amoureux avec mon chum, nous finissons toujours par parler des enfants et si nous dormons à l’hôtel, à six heures j’ai les yeux ouverts et je me surprends de les appeler sur Facetime.

Je suis une maman sans break.

Quand je crois avoir enfin terminé de laver le plancher, le petit renverse son lait dessus et décide de dérouler le papier de toilette au complet de la salle de bain à la cuisine pour l’essuyer.

Je suis une maman sans break.

Quand je ne fais pas de commissions les midis de semaine, je dîne à la course dans le but de faire un peu de sport sur l’heure du dîner, car le soir, après que tout est fait, l’énergie n’y est plus.

Je suis une maman sans break.

Et il m’arrive régulièrement de me demander ce que je faisais de mes journées avant d’avoir des enfants. Ce sont des souvenirs flous et lointains à la limite d’un monde parallèle.

Je suis une maman sans break.

Et je réalise aujourd’hui que si je veux du temps pour moi, je dois le prendre, accepter que je ne peux pas toujours tout faire et être capable de laisser traîner les graines sur le plancher deux jours de plus ou reporter le lavage au lendemain.

Amélie Madore Côté
AMÉLIE MADORE CÔTÉ

4 thoughts on “Je suis une maman sans break

  1. Anaïs Répondre

    Merci pour votre texte si réel pour tant de monde.
    Je m’y retrouve et pas seulement, je retrouve beaucoup d’amies, de mamans (même des papas) solos. Merci de pouvoir exprimer la souffrance de beaucoup 🥰

  2. Amelle Répondre

    Cst réconfortant de voir je ne suis pas la seul, car j’ai toujours l’impression de ne pas être à la hauteur. Il y a tjrs un truc à faire. Mon cerveau ne s’arrête jamais de penser.. Et mon mari pense que j’en fais trop mais il ne comprend ma charge mental. À moi je prendre du temps et de lâcher un peu prise.
    Merci infiniment ❤️

  3. Joanie Répondre

    J’ai l’impression de l’avoir écrit en bonne partie ceci est mon quotidien merci 😘

  4. Mélanie Cormier Répondre

    WOW Merci !! Ca fait du bien à entendre. C’est comme si vous disiez tout haut, ce qui se passe dans ma vie!! J’ai l’impression de déjeuné devant mon écran, car je dois ramasser et préparer la marmaille le matin. Je dine devant mon écran, car je dois m’entrainer sur l’heure du midi. J’avale mon souper, car il faut aller prendre les bains et coucher la marmaille et ramasser. OUF, c’est du sport et la journée recommence, sans pensé au fds ou tout doit être fait pour repartir la semaine. 🙂 Mais on aime notre vie pareil. 🙂 🙂

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