À ma fille qui commence l’école secondaire

girl go to high school

À toi, ma fille qui commence l’école secondaire,

Il me semble qu’il y a si peu de temps, tu apprenais à marcher et voilà que tes pas incertains d’hier te mènent aujourd’hui devant la porte de ta nouvelle école. Cette grande école qui me laisse un goût un peu amer parce que cette fois-ci, tu ne m’as pas demandé de t’accompagner et c’est seule que tu as choisi d’y entrer. Cette école qui fait battre mon coeur un peu plus fort parce que je sais que c’est à l’intérieur de ses murs que tu deviendras réellement grande et que, tout doucement, tu prendras peu à peu tes propres décisions. Cette école qui m’effraie un peu parce que j’ai l’impression qu’au fil des années que tu y parcourras les couloirs, ma petite fille ne sera plus.

J’ai pourtant confiance en toi. En tes capacités, tellement grandes. En tes ressources, inépuisables. J’ai confiance que tout ira pour le mieux parce que je te connais. Parce que depuis toujours, tu m’impressionnes. Tu me fascines, toi, que j’ai fabriquée. Toi qui, pendant si longtemps, dépendais de moi et de mes bons soins.

Je réalise aujourd’hui que ce n’est plus le cas. Je réalise que tu deviens autonome, de plus en plus, chaque jour. Je réalise que mon rôle, bien que primordial, n’est plus essentiel. Et c’est parfait ainsi. C’est ce qui doit arriver tôt ou tard, pour chacun de nous.

Seulement, j’aurais pris encore quelques années de cette enfance qui se termine. J’aurais voulu voir encore longtemps dans ton regard la confiance inébranlable que tu me témoignais depuis ta naissance. Cette certitude, parfois effrayante, que maman avait la clé de tous tes maux. J’aurais voulu continuer longtemps à être celle qui avait ce pouvoir magique de te rassurer, inlassablement.

Mais tu as grandi. Comme dans toutes les belles histoires. Et je dois maintenant accepter que mon bébé n’est plus. Que je ne pourrai plus le protéger de tout. Je dois apprendre à te laisser faire tes propres choix, à te laisser être et devenir celle que tu souhaites. Je dois te laisser vivre, en souhaitant très fort que l’éducation et les valeurs qu’on t’aura inculquées tiennent bon. Si jamais ce n’était pas le cas, je te promets de trouver un moyen, qui j’espère te convaincra, de te les rappeler.

Je te promets aussi de toujours être là, si un bon soir, tu choisissais de redevenir mon bébé tout potelé. Si par un bon matin, tu chérissais le souhait de replonger dans ton enfance, même si ce n’est que pour quelques heures. Si pour une raison ou une autre, tu me tendais la main comme tu as toujours fait. Je serai là. Pour te prendre dans mes bras, pour te guider si tu en éprouves le besoin et pour te rassurer autant que faire se peut.

Dans cinq ans, tu fermeras la porte de cette école, qui je l’espère, nous apparaîtra cette fois toute petite. Un peu comme aujourd’hui quand je regarde ton école primaire et que je suis nostalgique de ces années où tu y as évolué.

Pourtant, je me rappellerai toujours de cette première journée de ta maternelle où j’ai pleuré en réalisant que tu n’étais déjà plus un bébé.

Un peu comme aujourd’hui.

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

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