Cher bébé que je n’aurai jamais

sad mother cry

Cher bébé que je n’aurai jamais,

Aujourd’hui, je te pleure. Je te pleure parce que je t’ai tellement voulu, tellement attendu. Entre deux spasmes de douleurs, entre deux crampes au coeur, je te pleure.

Tu n’étais qu’une miniature créature, mais tu étais à la fois un si grand rêve. Le rêve de ma vie, de mon nouveau futur à trois, d’un futur teinté de rose, d’un projet de vie. Le fruit d’un amour plus grand que nature, d’une passion de deux âmes qui dure.

Tu n’étais qu’un frêle petit être, mais ton avenir était déjà tracé. Je t’ai tellement imaginé sourire, dormir, pleurer, même marcher. Ton papa et moi, on avait même commencé à discuter de prénoms, en se chamaillant gentiment et en rigolant.

Tu ne mesurais que quelques centimètres, mais l’amour que j’avais pour toi ne se mesurait même pas en kilomètres. Dans mes rêves, je t’ai bercé, je t’ai parlé, je t’ai vu, toi et tes grands yeux bleus. Tu étais si beau, mon enfant tant désiré.

Tu étais un embryon, une poussière de vie, le début d’un être en devenir. Mais, dans le coeur de ton papa et du mien, tu as toujours été plus vrai, plus réel, plus grand. Plus vivant que tout.

Il n’aura fallu que quelques semaines pour que je m’entiche de toi, mon bébé. Dès que j’ai vu les deux petites barres roses sur mon test de grossesse, j’étais aux anges. Mon avenir allait changer, avec toi, avec nous. Cette famille allait grandir et le bonheur emplissait mon coeur de maman.

Il n’aura fallu que quelques semaines pour que je commence à me tâter le ventre, à te parler, à t’envoyer le plus de force possible. Pour que tu t’accroches, pour que tu grandisses, pour que tu goûtes à la vie en dehors de mon nid.

Il n’aura fallu que quelques secondes pour que le vent tourne, pour que, brusquement, cesse ton si petit chemin de vie. À tort, j’ai cru que cet effondrement était de ma faute. Je m’en suis voulu. J’en ai voulu au monde entier. De m’ignorer. De banaliser.

Je t’ai tant pleuré, toi, le bébé que je n’aurai jamais. Je t’ai pleuré seule, dans le noir, en silence.

J’ai peine à croire que tu es parti aussi vite, sans que je sente tes coups de pied, sans que je vois battre ton coeur, au rythme du mien. Je te croyais invincible, mon bébé, bien blotti au creux mon ventre.

Il n’y a pas de mots assez puissants, aucune parole assez forte, ni un câlin assez réconfortant, pour apaiser cette tristesse, cette incompréhension, cette perte qui me désole autant.

Je t’aimais déjà, et je t’aimerai toujours,

Ta maman

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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