Merci d’arrêter de dire que la maternité est toujours merveilleuse

depressed mother with kid

Même si la maternité est remplie de moments magiques, merci d’arrêter de dire que ce n’est que du bonheur, au risque de culpabiliser les mamans.

Merci d’arrêter de dire que la grossesse est un moment forcément fabuleux pour tout le monde.

Parce que pour bien des mamans, la fatigue du premier trimestre est difficile, les nausées trop nombreuses, le reflux plus que dérangeant, les envies de plus en plus pressantes et le mal de dos et le manque de positions confortables rendent le sommeil difficile. Si ça n’empêche assurément pas de dire que, malgré tout, la grossesse est un moment à savourer, c’est aussi normal d’être tannée par moments.

Merci d’arrêter de dire qu’un “vrai” accouchement est toujours fabuleux, qu’il se fait de façon naturelle, par voie basse et sans médication.

Parce que les contractions, ça fait mal, qu’il n’y a pas de durée déterminée à chaque accouchement, qu’aucun corps ne réagit de la même façon et qu’une maman qui demande l’épidurale n’en a pas moins accouché pour autant. Au même titre que celle qui donne la vie par césarienne et celle dont le souvenir de ce moment “magique” lui laisse un goût amer. Personne n’accouche de la même façon, alors s’il est tout à fait correct d’en parler, merci de rappeler aux femmes enceintes qui t’entourent qu’il n’y a pas de standards à respecter ou à atteindre.

Merci d’arrêter de dire que l’allaitement c’est facile, si naturel et que la femme est conçue pour cela.

Parce que l’allaitement, parfois, c’est synonyme de douleur, de mamelons gercés, de bébés affamés qui n’arrivent pas à bien téter, de milliers de techniques différentes plus ou moins fructueuses et de montée de lait tardive. Alors de grâce, ne dis pas à la maman qui a décidé d’arrêter d’allaiter qu’elle aurait dû continuer et que ce n’était “sûrement pas si pire que cela” car tu n’étais pas à sa place. Félicite-la donc d’avoir essayé et encourage-la si elle veut poursuivre malgré les difficultés.

Merci d’arrêter de dire que les bébés ne pleurent pas vraiment si on est à l’écoute de leurs besoins.

Parce que oui, un bébé, ça pleure. Ça pleure quand ça a faim, quand ça doit être changé, quand ça a chaud et quand ça a froid, quand ça veut être pris dans des bras, quand ça veut être seul dans son lit et quand ça veut qu’on lui parle. Alors, ne dis pas à une maman à bout de souffle parce que son bébé s’époumone qu’elle est responsable de ses pleurs et qu’elle doit vite trouver une solution. C’est déjà ça ce qu’elle ne cesse de faire. Si tu veux lui venir en aide, encourage-la donc en lui disant qu’elle fait bien ça et propose-lui  donc de prendre la relève pour qu’elle se repose.

Merci d’arrêter de dire aux mamans que les bébés doivent faire leurs nuits à six mois, dire leur premier mot à dix mois, marcher à un an et être propre à deux ans.

Si les moyennes existent, il n’y a toutefois pas de listes à cocher ni d’enfants semblables. Certains développent le côté moteur avant le côté intellectuel, d’autres font le contraire et en bout de ligne, on s’en fout. Ne mets pas de la pression et ne crée pas d’angoisse chez les mamans de tout-petits en leur disant que leur enfant devrait savoir faire ci ou ça à leur âge. Rassure-les donc plutôt en leur disant que leur bébé se développe bien et en mettant de l’avant leurs réussites. Chacun son rythme.

Mais faute de prétendre que tout est toujours merveilleux quand on est maman, merci de ne jamais arrêter de dire que les enfants changent une vie, qu’ils nous apportent de l’amour à l’état pur et de la fierté simplement en les regardant, ça tout le monde veut le savoir.

Miranda Dessureault
MIRANDA DESSUREAULT

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