Mes enfants, la COVID m’a permis de vous offrir du temps

family in kid's room

Mes enfants,

Dans quelques années, on se souviendra sûrement de cette période où notre vie fut mise entre parenthèses. Vous me poserez sans doute plein de questions, car votre mémoire d’enfant aura oublié certains détails. Mais moi, je me souviendrai.

Je me souviendrai que j’ai fait le choix de vous garder auprès de moi lorsque les écoles et les garderies ont annoncé leur réouverture. Je me souviendrai que j’ai fait ce choix non pas parce que j’avais la peur au ventre de vous retourner dans la société, non pas parce que la méchante Covid m’empêchait de dormir le soir, mais bien, simplement, parce que je voulais nous offrir du temps. Ensemble. Comme lorsque vous étiez tout petits et que j’ai passé des mois, en congé de maternité auprès de vous. Alors, j’ai réorganisé l’horaire du mieux que j’ai pu afin d’arriver à télétravailler tout en m’assurant que vous ne perdiez pas vos acquis académiques. J’ai jonglé du mieux que j’ai pu, chaque jour, afin d’être une bonne employée, une bonne prof, mais surtout une bonne maman.

On se plaint souvent de nos jours que l’on manque de temps. Et c’est malheureusement tellement vrai. Alors j’ai voulu vous en donner. Le plus possible. De ce temps de qualité, mais aussi de ce temps de trop qu’on tente par tous les moyens de remplir. J’ai voulu protéger notre cocon familial autant que faire se peut à la veille de cette adolescence qui tranquillement s’amène. Parce que je voulais resserrer nos liens. Les rendre le plus fort possible pour qu’ils résistent aux tempêtes qui s’amèneront. J’ai voulu m’assurer que notre relation évolue et se solidifie. Et j’ai misé sur le temps ensemble pour y parvenir. Ironiquement, c’est ce virus affreux qui m’aura donné les outils pour y arriver.

Pour certains, pour beaucoup, cette pandémie aura eu des conséquences néfastes et dramatiques. Mais pour nous, je suis obligée de l’admettre, cette catastrophe planétaire aura été salutaire. On fait partie des chanceux qui n’ont pas eu à payer cher cette crise mondiale. Malgré la fatigue, le manque de patience, malgré tout le négatif, je l’avoue, elle aura été bénéfique pour nous.

Pendant ces longues semaines, vous avez appris à vous amuser ensemble. Ensemble, on a ressorti les vieux jeux de société poussiéreux. Je vous ai fait découvrir les séries cultes de mon enfance. Tous les mandalas de la maison y sont passés. Les marches et promenades à vélo ont pris une nouvelle saveur. Mais surtout, vous avez fait voyager votre imaginaire, nourri votre curiosité, développé votre débrouillardise et solidifié votre autonomie.

J’ai peut-être sauté quelques notions scolaires au fil des semaines que vous auriez vues en classe, mais je crois que vous aurez appris certains trucs qui vous seront tout autant utiles dans le futur.

Et c’est ce que je souhaitais lorsque j’ai signifié que vous resteriez à la maison pour encore quelque temps.

Et c’est ce que je souhaitais lorsque j’ai choisi de vous offrir ce temps d’arrêt.

Et je crois avoir gagné mon pari.

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

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