Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé

mother with newborn at home

Mon bébé, j’ai tellement rêvé à ce congé avec toi, mais nous ne vivons pas ce moment tel que je l’avais imaginé car un virus invisible nous a forcés à rester confinés à la maison, dans ton petit confort à toi.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Avant l’arrivée de la pandémie, je pensais que nous aurions plusieurs moments seuls, toi et moi, à profiter de la tranquillité de la maison, mais la vie en a voulu autrement. En effet, toute la famille est maintenant à la maison pour te voir grandir et tu ne pourrais pas en être plus heureux car pour toi, c’est ça la vie; profiter de l’instant présent tous ensemble sans se soucier du lendemain. Mais j’avoue que certaines fois, je regrette un peu ces moments en tête-à-tête que nous ne vivrons pas.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Je voulais te présenter à tout le monde; la famille, nos amis. Je désirais te faire voir à quel point tu étais aimé par les gens qui nous entourent. Malheureusement, à ton âge, les appels vidéos, ça ne te dit rien. C’est la chaleur d’une caresse humaine qui t’aurait permis de comprendre à quel point tu seras bien entouré, et ce, toute ta vie.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Je souhaitais que tu puisses aller faire quelques visites seul chez tes grands-parents, le temps que maman souffle un peu, pendant que tu te serais fait bercer doucement. Mais ça non plus, ce n’est pas possible en ce moment.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Je ne pensais pas avoir à craindre pour ta santé à ce point-là. Je ne savais pas que de simples symptômes de rhume deviendraient un stress immense par peur que tu attrapes le virus dont tout le monde parle.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

J’étais certaine que nous pourrions faire plein de balades, toi et moi. J’imaginais déjà le sourire des gens que nous croiserions, des inconnus que tu rendrais heureux à la simple vue de tes bajoues à croquer ou à t’entendre leur jaser à ta façon, mais nous devons rester à la maison.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Je souhaitais pouvoir prendre un café à l’occasion, ou même me remettre en forme avec d’autres nouvelles mamans comme moi, pendant que tu socialiserais avec des bouts de chou de ton âge. J’aurais alors pu poser mes questions ou constater à quel point tu progressais bien. Mais de chez nous, tout ça est impossible.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Je voulais magasiner tes nouveaux vêtements en personne, pendant que tu m’attendrais patiemment (ou pas) dans la poussette et ainsi pouvoir toucher les textures, choisir les motifs et te les faire essayer, mais nous devons faire nos achats en ligne et ça perd un peu de sa magie.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Car du jour au lendemain, à notre grand bonheur, papa était alors à la maison avec nous, pour voir tes petits exploits de ses propres yeux et non entre deux bouchées de souper trop rapidement avalées ou sur un écran, comme avant le confinement.

Mon bébé, ce n’est pas le congé de maternité que j’avais imaginé.

Mais après réflexion, c’est encore mieux. Notre rythme de vie a ralenti et nous sommes chanceux d’être tous ensemble en sécurité à la maison.

Mon bébé, notre congé ensemble est déjà presque terminé.

Bientôt, papa et maman devront retourner travailler, malgré le virus qui court toujours. Et c’est là que tu comprendras, à la dure, que l’univers ne se limite pas juste à notre petit cocon. Non, mon bébé, le monde est grand et merveilleux, et un jour, j’ai espoir que nous puissions le redécouvrir ensemble, comme je l’avais imaginé.

Audrey Morin
AUDREY MORIN

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