Aujourd’hui, non, ça ne va pas bien aller

sad woman in her room

Aujourd’hui, non, ça ne va pas bien aller. Rien ne va plus. Je n’ai plus le goût de rire des jokes que je vois passer sur Facebook. Je n’ai pas le goût de m’extasier devant les “ça va bien aller” dans les fenêtres.

Aujourd’hui, je me donne le droit de pleurer.

Aujourd’hui, je donne congé aux mensonges.

Aujourd’hui, je n’ai pas la force de rassurer mes enfants. Je n’ai pas la force de leur dire qu’ils ne pourront pas voir bien des membres de leur famille avant des semaines ou des mois. Qu’ils sont privés d’eux et qu’ils ont le coeur brisé.

Aujourd’hui, je me donne le droit d’être négative pour le bien-être de ma santé mentale. Je prends une pause de positivisme pour que demain, je puisse à nouveau faire volte-face et continuer de croire que “ça va bien aller”.

Aujourd’hui, je refuse de me voiler la face et de faire comme si c’était normal de mettre des gants et un masque à l’épicerie, de me faire interroger à l’entrée comme si je passais les douanes et qu’on me soupçonnait de trafiquer de la drogue et de retenir le chat que j’ai dans la gorge de peur de terroriser les gens si je tousse pour m’en débarrasser.

Aujourd’hui, il n’y a rien de drôle ni d’apaisant et je me donne le droit de laisser s’échapper les émotions négatives qui m’habitent afin qu’elles puissent s’en aller et que je puisse à nouveau penser que les choses vont finir par s’améliorer.

Aujourd’hui, je me roule en boule et je pleure mon venin face à cette maladie qui nous pourrit la vie. Demain, je serai forte et je dirai à mes enfants que tout ira bien.

Aujourd’hui, les deux bras me tombent et c’est correct.

Aujourd’hui, j’ai envie de vérité. De savoir ce qu’il faut vraiment faire et comment le faire pour supporter cette troisième guerre mondiale déclenchée par un virus dont tout semble nous échapper.

Aujourd’hui, à l’heure de dormir, j’aimerais ne pas faire de cauchemars.

Aujourd’hui, j’ai envie d’avoir le cœur léger, de me sentir bien. J’aimerais pouvoir toucher, l’espace d’un instant, du simple bout des doigts cette ancienne quiétude dont je n’ai pas suffisamment pris soin avant que cette crise s’abatte sur nous.

Cathy Potvin
CATHY POTVIN

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