Maman, papa, arrêtez de me comparer avec les autres

sad kid face

Maman, papa, je veux vous dire que je suis unique, différent et que je ne ressemblerai jamais à quelqu’un d’autre. Mon tempérament, mes habiletés, mes petits défis, mes passions, mes sentiments font de moi, la personne que je suis et mes expériences de vie forgeront la personne que je serai plus tard. Alors, s’il vous plaît, arrêtez de me comparer aux autres puisqu’ils ne sont et ne seront jamais comme moi.

Je vous entends quand vous vous extasiez parce que le bébé de vos amis marche déjà et que vous vous plaignez du fait que moi, j’étais lent et je n’ai pas marché avant dix-huit mois. Je comprends que vous le félicitez, c’est un bel exploit. Mais j’aurais aimé que vous disiez que vous étiez fiers de moi quand j’ai fait mes premiers pas plutôt que de parler de ma lenteur à le faire. Que malgré ma crainte de lâcher votre main, j’y suis arrivé. L’âge de cet accomplissement n’a aucune importance. Aujourd’hui, nous marchons tous les deux et c’est ce qui compte vraiment.

Je sais que je vous ai déçus ce matin quand j’ai fait une crise de larmes à la garderie alors que vous étiez pressés de vous rendre au travail. J’ai compris que je n’étais pas à la hauteur de vos attentes et quand vous m’avez rappelé que la petite fille qui est arrivée dans le vestiaire en même que nous faisait mieux ça que moi parce qu’elle “c’était une grande fille”. La vérité, c’est que j’étais triste de devoir vous quitter et j’avais envie de vous serrer dans mes bras encore et encore. Est-ce qu’avoir une âme plus sensible fait de moi quelqu’un de plus bébé ? J’aurais voulu que vous me disiez que vous compreniez que je puisse avoir de la peine et non pas que j’étais moins “grand” que les autres.

Je vous écoute, le cœur en miettes, en revenant de ma pratique de soccer quand vous me dites que je devrais prendre exemple sur un autre joueur de mon équipe parce que lui, il sait comment bien botter le ballon et compter des buts. Pourtant, j’ai mis tant d’efforts pour m’améliorer, mes jambes sont fatiguées, j’ai encore le souffle court et en quittant le terrain, j’étais si fier d’avoir au moins réussi une belle passe. J’aurais vraiment aimé que vous souligniez mes bons coups et ma persévérance plutôt que de me dire que je n’arrive pas à la cheville du capitaine. Maintenant, j’ai l’impression que je n’en ferai jamais assez.

Quand vous regardez mon bulletin et que je vous entends me dire que les notes de ma soeur sont meilleures que les miennes, mon estime de soi en prend un méchant coup. J’aimerais tellement être aussi bon qu’elle à l’école, mais je sais que j’ai de la difficulté avec les mathématiques et le français. Je travaille fort, je persévère, mais je ne serai probablement jamais aussi doué qu’elle. Suis-je moins intelligent pour autant ? J’aurais aimé que vous soyez fiers des progrès que j’ai fait aussi minimes soient-ils et que vous remarquiez que je me démarque en art au lieu de me faire sentir comme l’idiot de la famille.

Maman, papa, je veux vous dire que mes petites et grandes réussites méritent d’être soulignées, que mes talents soient mis de l’avant, que ma persévérance soit encouragée et que mes difficultés ne soient pas vues comme étant insurmontables. Grâce à votre soutien, votre fierté, vos encouragements et votre présence rassurante auprès de moi, je pourrai soulever des montagnes, accomplir ce que je croyais impossible et m’épanouir en tant qu’individu unique, confiant et déterminé.

Merci, maman et papa, de comparer mes progrès uniquement avec mes propres expériences.

Miranda Dessureault
MIRANDA DESSUREAULT

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